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Litterature amoureuse d’Andalousie: Nuits de Noces

Préludes

من خفايا الحب في الإدب العربي

Culture arabe, Littérature arabe

Nuits de Noces

Ou comment humer le doux breuvage de la magie licite

Par ‘Abd al-Rahmân al-Souyoûti (1)

R. Khawam. (2) Traduction intégrale sur les manuscrits arabes.

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Dans ces « Nuits de Noces », l’auteur, ‘Abd al-Rahmân al-Souyoûti (1445-1505) fait parler une vingtaine de personnages qui décrivent chacun sa première Nuit de Noces au cours d’une brillante improvisation. Chacun fait intervenir des images familières, et en même temps que les péripéties d’une nuit d’amour, surgit tout ce qui constitue la personnalité humaine avec toutes ses nuances : le métier même du narrateur y apparaît.

Un commentaire érotique suit ce véritable feu d’artifice. Nous trouvons des mots de caractère, des anecdotes typiques, une étude médicale de la « matière » érotique, des conseils pour cultiver sagement le plaisir permis, qui peut même, d’après l’auteur, contribuer à la l’édification d’une bonne piété chez le croyant fidèle. A cela s’ajoute les poèmes érotiques de la littérature arabe et le tout constitue un bouquet varié et délicat.

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·  Au mathématicien succéda l’ “astronome”, 17ème orateur de la série.

·  Il s’exprima en ces termes :

·  Lorsque eut lieu la rencontre et que se révéla excellent le confluent, se dévéloppèrent devant mes yeux un mou et un arrière seblables à un tas de sables amoncelés , sans souillure, puis un kouss pourvu d’une terrasse plate qui pouvait passer pour le globe lunaire, avec, des lèvres comme une circonférence ou plutôt comme deux arcs, sous-tendus par une même corde.

·  Ceci est le pilier de cette sphère. Son travail consistera dans la transformation de ce cercle en carré. Commence à l’introduire dans mon huis et joins sa ligne droite avec la line courbe de ma lèvre.

·  Je provoquai l’éclipse du bout de la queue et le conduisis à son piédestal comme un sabre qui fonce , puis je déclarai :

·  Il n’y a pas de honte à être conjoint par lui. Vloilà comment a lieu l’éclipse du bout , à l’extrêmité d’un astre.

·  Je le fichai au centre de la circonférence et lui fis parcourir la couronne de la sphère auxilliaire. Je me délectait dans cette circonférence largement ouverte et dans les lignes incurvées de ses lèvres joyeuses . Tout cela pendant que la sphère mouvante sur la terrasse plate était secouée de tremblements et que les côtés du cube révélaient leurs dimensions après un calcul approfondi.

·  Les flemmes ardentes à l’intérieur de la sphère brûlaient, tant le trouble était intense. Pou moi, j’observai le mouvement de la lune, le changement de face, l’éclipse de ses paupières minaudières , le rythme de ses soupirs s’exhalant d’entre ses côtes solides, afin de tirer l’eau de son puits.

·  Ces phénomènes durèrent jusqu’à ce que vînt la goutte piquante pour humeter le diamètre et le centre du cercle , de telle sorte que son kouss ne voyait plus le lieu qu’il circonscrivait et que mes flots à moi tombaient sur lui en averses.

· 


1- Souyoûtî (As) :Jalâl Ad-Dîn Abd Ar-Rahmân Ibn Abî Bakr Ibn Mohammad Al-Khudayrî As-Souyoûtî. Né en 1445 au Caire, d’un père juriste, ce savant égyptien est connu pour son œuvre prolifique.
Juriste et enseignant, il fut un éminent savant Shâfi’ite, un théologien Ash’arite et un Soufi de renom.D’une façon générale, il rejeta le pouvoir des Mamelouks. Il connaît la disgrâce en 1501 et vit dès lors dans une retraite studieuse, jusqu’à sa mort en 1505.
Au cours d’une vie d’écrivain commencée à l’âge de dix-sept ans, soit en quarante-trois ans, Souyoûtî compose cinq cent soixante et un ouvrages, dont certains, il est vrai, sont fort courts, mais d’autres considérables. Ils couvrent l’exégèse coranique, le droit, la tradition (ḥadīth), la linguistique, l’histoire, les sciences, sans oublier la littérature à laquelle Suyūṭī s’essaya aussi.

2- René Rizqallah Khawam, né en 1917 à Alep, en Syrie, et mort à Paris le 22 mars 2004, est un traducteur français de textes arabes. Il a également publié un roman et des essais.

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Textes choisis et annotés par Mahfoud Boudaakkar

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