Le Coran: difficultés de lecture, de compréhension , d’enseignement.

            Le Coran: un texte ancien

Le texte coranique, tel qu’il nous est parvenu remonte au XII ème siècle. D’abord déclamé, récité et diffusé oralement.

L’idée, longtemps en circulation dans le monde arabo-musulman (et encore de nos jours) d’un livre -dans sa forme actuelle- apporté par l’ange Gabriel relève de l’invraisemblance historique. L’écriture arabe de l’époque, rudimentaire ne pouvait véhiculer un texte aussi complexe sous toutes les formes.

L’ ensemble des sourates circulaient donc oralement grâce à des « huffadhs » (récitants du coran, reconnus pour leur foi, leur fidélité au prophète et surtout pour leur mémoire…

Ces huffadhs étaient souvent issus de tribus différentes et de régions d’Arabie assez éloignées les une des autres, mais se retrouvaient autour de cette même mission: diffuser le coran et le faire apprendre à tout nouvel adepte qui le souhaiterait. En dépit de leurs fort probables différences d’accent ou de prononciation.

Vieil exemplaire du Coran découvert à Sanaa

Les conditions de la mise par écrit puis de la fixation canonique du texte que la tradition fait remonter au troisième calife Uthmân (574-656) font toujours l’objet de recherches et de débats parmi les exégètes et historiens du xxie siècle.

Il en ressort globalement les conclusions suivantes :

  • Le calife, devant les différences de récitation qui commençaient à devenir problématiques à plus d’un égard a décidé de réunir le tout en un corpus unique, fixé définitivement par écrit.
  • Les différence de récitation (souvent minimes) furent réglées par consensus
  • il a fallu parfaire le support écrit en y rajoutant des points pour différencier les lettres semblables, puis progressivement des voyelles diacritiques.
Deux ancien exemplaires du Coran à reliures

Le plus souvent, un apprentissage rudimentaire.

Le Coran influence dès l’enfance. L’enfant en est imprégné très tôt„ lorsque à cinq ou six ans il est envoyé à l’école coranique pour y apprendre les premiers rudiments de la religion. Cet apprentissage peut rester rudimentaire ou partiel, comme il peut devenir total et profond. Aujourd’hui, dans la plupart des pays du Maghreb, l’école coranique traditionnelle (madrassa) a pratiquement disparu.

Ecole coranique (garçons)

Dans les pays subsahariens et d’Afrique noire musulmane, elle persiste, dans les formes les plus archaïques sur le plan de l’enseignent et avec des moyens très précaires souvent assortis de coercition physique et de privations punitives. D’ailleurs largement prises en charge par des groupes islamistes dont le seul but est l’endoctrinement des enfants et des jeunes.

Dans le reste des pays arabo-musulmans , elle a été remplacée par des établissements modernes où le fait religieux tient sa place, mais n’y est plus prépondérant. On y enseigne aussi bien la science des hadiths que les mathématiques, la géographie, ou les sciences naturelles… Rappelons que dans la majeure partie de ces pays, l’Islam est religion d’état et l’instruction religieuse est donc obligatoire et fait partie des programmes d’enseignement.

Ecole coranique (filles)
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L’apprentissage – quasi obligatoire pour certains enseignants – de quelques sourates du Coran aux élèves permet au texte sacré d’être toujours présent et vivant, au sein de la société. C’est aussi un signe distinctif parmi tant d’autres qui permet aux membres de la communauté de s’identifier. Nombreuses sont les occasions où le Coran est récité collectivement, en chœur, récitation le plus souvent accompagnée de balancements du buste synchronisés, ce qui accentue encore plus le caractère communautaire de la récitation. Notons enfin qu’on ne peut approcher le livre sacré qu’en état de pureté totale, physique et spirituelle.

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