Littérature arabe à l’époque de la jâhiliyya : Labîd bnu Rabî’a

لبيد بن أبي ربيعة

 

Labîd bnu Rabî’a : (de 560 à 661 après J.-C)

Labîd appartenait à la tribu des Beni’Amir ben Sa’sa’a ; il est décrit comme un guerrier valeureux et généreux, défenseur des siens. Ses textes mettent en scène de nombreuses batailles. Ses talents de poète lui servent également à la diplomatie : proche des ghassanides, il put cependant éviter que le roi lakhmide en place, d’abord favorable aux Beni Asad, ne prenne parti contre eux. Lui et les siens se convertirent à l’islam vers 629 ; il renonça alors à la poésie. Il se serait éteint à Koufa, âgé de plus de cent ans.

Voici, dans sa mu’allaqa deux petits extraits traduits par Pierre Larcher qui montrent l’importance qu’il accorde à la tribu (v. 81-82) :

Chaque peuple a sa loi et, pour sa loi, un guide !

Ils ne sont pas flétris ni leur geste abolie

Leur patience, avec la passion, ne fléchit pas!

Les Mu’allaqât المعلقات

Les Mu’allaqāt, les Suspendues ou les Pendentifs, sont un ensemble de pièces de poésie jugées exemplaires par les poètes et les critiques arabes médiévaux. Les Mu’allaqât constituent la plus célèbre des anthologies de la poésie antéislamique. Elles occupent une place centrale dans la littérature arabe, où elles représentent les pièces les plus excellentes d’une poésie qui fournit à l’époque classique ses genres majeurs, ses valeurs et ses thèmes paradigmatiques.

Le terme Mu’allaqât signifie littéralement « Suspendues ». L’interprétation la plus ancienne et la plus populaire, apparue au ixe siècle, veut que ces odes aient été jugées si excellentes qu’elles auraient été brodées en lettres d’or puis suspendues à la kaaba. Plus vraisemblablement, le terme renverrait aux colliers ou aux « parures » : la comparaison de la bonne poésie à un collier fait de perles « bien enfilées » (ou à un tissu léger) est en effet un lieu commun dans la littérature arabe antéislamique.

 

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