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Littérature arabe classique: al-Jâhiz

من علامة الأدب العربي : الجاحظ


Al-Jahiz de son vrai nom ‘Abu Uthmân Amrû Ben Badr était un écrivain
noir arabe mutazilite, né à Basra (aujourd’hui Bassorah) vers 776,
mort en décembre 868 ou janvier 869. Véritable créateur de la prose
arabe, il défend une culture arabe en combinant la tradition avec des
données de la pensée grecque et laisse plus de deux cents ouvrages
dont une cinquantaine ont été traduits en Français.


On sait peu de chose de l’enfance d’Al-Jahiz sinon que sa famille était
pauvre et qu’il vendait -aux côtés de sa mère- du poisson le long des
canaux de Basra pour subvenir aux besoins de la famille.
Doué d’une curiosité intellectuelle étonnante, il suit les enseignements
des grands savants de son temps : linguistes, philosophes, poètes,
maîtres du kalam (la science de la religion).

كتاب الحيوان


Il acquiert ainsi une maîtrise parfaite de la prose arabe, en même temps qu’une très vaste
culture encyclopédique originale. Tout ceci fait de lui, encore aujourd’hui, le représentant
éminent de ” l’Adab ” : l’ensemble des qualités de l’honnête homme, fin connaisseur des Belles
Lettres, ” poli ” de culture. Il donne à la prose littéraire sa forme la plus parfaite.
Très vite il s’engage dans le mouvement intellectuel dominant à Basra et à Bagdad : le
mu’tazilisme, idéologie fécondée par le rationalisme de la pensée grecque, le réalisme et
l’ouverture à toute culture.


Une des thèses du mu’tazilisme, partagée par al-Jàhiz, est celle qui considère le Coran comme
crée. Al-Jahiz continue ses études pendant vingt-cinq ans durant lesquels il acquiert une
connaissance profonde de la poésie et philologie arabe, de l’Histoire pré-islamique des Arabes
et des Perses, du Coran et des hadith. Il étudia également des textes traduits du grec de science
et de philosophie, notamment les oeuvres Aristote. Son éducation avait été facilitée par le fait
que le califat abbasside était en pleine révolution culturelle et intellectuelle, augmentant la
diffusion des livres.
Alors qu’il vit encore à Basra, Al-Jahiz écrivit un article sur l’institution du califat qui est
considéré comme le début de sa carrière d’écrivain qui sera sa seule source de revenus.. Il
écrira au cours de sa vie plus de deux cent livres sur des sujets aussi divers que la grammaire
de l’arabe, la zoologie, la poésie, la lexicographie et la rhétorique, mais seuls trente nous sont
parvenus.


Autour de lui se tiennent des séances littéraires, à Basra, à la cour du Calife à Bagdad ou à
Samarra. On y débat de sujets légers ou profonds : l’harmonisation de la raison et de la foi, les
revendications des minorités non-arabes, l’influence persistante du zoroastrisme porté par les
lettrés persans, mais aussi la parole et le silence, l’envieux et l’envié, l’amour et les femmes…
IL aborde tous ces sujets d’une manière plaisante, élégante, pleine de verve, mais aussi féroce,
satirique, sceptique.
Excellent peintre des caractères de la société, il se permet, à la limite de la bienséance, de
critiquer certaines catégories sociales (les maîtres d’écoles, chanteurs, scribes etc.). Sa
démarche constante est de poser question sur des réponses communément admises : recourir
à la rationalité, refuser les idées préconçues, tout ceci dans un style habile et élégant.


Poètes et auteurs abbassides :
L’oeuvre de Al-Jâhiz


Le ” Kitàb al-Hayawàn “, ou ” Livre des animaux ” est une véritable
somme anthologique fondée sur l’observation scientifique du
comportement des animaux, mais qui recense en outre tout ce qui se
dit des bêtes : fables, légendes, anecdotes profanes, ou religieuses
issues du Coran.
L’oeuvre est un témoignage inestimable de l’érudition et de l’humour
de cet archétype de l’ intellectuel du IXème siècle musulman.
A côté des réflexions sur les insectes, bêtes à cornes, lions et serpents,
dragons et rapaces, on y trouve l’étude de la psychologie des animaux,
l’influence des climats sur leur comportement, et une ébauche
théorique de l’évolution des espèces ! Sans parler de toutes sortes de
digressions élaborées sur la poésie, la littérature, les couleurs, la lumière, les coutumes de ses
concitoyens, le zoroastrisme des persans, la sexualités des femmes et des hommes, la position
des noyés dans l’eau…


Textes et épîtres de ce type fleurissent sous la plume d’ al-Jahiz :
Ainsi le ” Kitàb al-bukhala “, ou ” Livre des avares “, qui traite de la générosité des Arabes (par
opposition aux non-arabes). Ou bien ” La supériorité des Noirs sur les Blancs “, ou l’épître, d’une
grande finesse, sur les esclaves-chanteuses. A cette riche période culturelle, sous le mécénat
du calife al-Mamun, il sera mis fin par le calife al-Mutawakkil en 851. Al-Jahiz ne manquera pas
alors de dénoncer le recul intellectuel qu’entraînera l’abandon du mu’tazilisme.
Vers 816, Al-Jahiz déménage à Bagdad, la capitale du califat islamique de l’époque à l’occasion
de la fondation de la Maison du Savoir. Grâce au mécénat du calife abbasside, Al-Jahiz s’établit
à Bagdad, puis plus tard à Samarra. Le calife Al-Ma’mun envisageait de faire d’Al-Jahiz le tuteur
de ses enfants, mais changea d’avis, effrayé par ses ” yeux protubérants “( jâhiz al-‘aînîn en
Arabe) qui lui vaudront son surnom. Après avoir passé plus de cinquante ans à Bagdad, Al-Jahiz
rentre à Basra où il meurt fin 868 ou début 869. Les causes exactes de sa mort ne sont pas
connues, mais selon la tradition populaire il serait mort écrasé par la chute des livres de sa
bibliothèque (lui qui aimait tant les anecdotes savoureuses !). Selon une autre version, il serait
tombé malade et mourut à Muharram.


Parmi ses oeuvres les plus connues :

  • Livre des Avares
  • Traités sur les Turcs
  • Traité sur les marchands
  • Traité de rhétorique
  • Éphèbes et Courtisanes
  • Livre des Animaux
  • Titres de gloire des Noirs sur les Blancs