Distinguer apprentissage de la graphie et celui de la calligraphie !

Processus d’apprentissage de la graphie

تعليم الحروف بوسائل مسلية في متناول الجميع

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C’est là la question cruciale : si l’on va trop vite, on surcharge les élèves (surtout les plus jeunes) et on est inefficace, ce qui peut avoir des conséquences désastreuses. Si l’on imprime un rythme trop lent, on suscite la lassitude et les élèves s’ennuient. Il nous semble tout à fait raisonnable de consacrer à l’apprentissage du système graphique, tous publics confondus, un trimestre de travail maximum avec une vigilance particulière pour les collégiens, tout particulièrement en 6e. Il est évident que l’on fera progresser les élèves à l’oral pendant ce temps sans être contraint par leurs acquis à l’écrit. . La fin de l’apprentissage du système graphique ne signifie nullement que l’on en a fini avec l’apprentissage de la lecture et de l’écriture , qui sera poursuivi sur deux années au moins pour ce qui est des bases. Alors que le code est acquis en quelques semaines, on ne devient un vrai lecteur, un vrai rédacteur, qu’après des années d’apprentissage.

Rendre l’apprentissage de la graphie attrayant

C’est un domaine qui demande un sérieux effort d’innovation et d’inventivité. L’apprentissage de la graphie se prête au jeu et les élèves ne demandent qu’à apprendre en s’amusant. Outre les exercices classiques (grilles de mots croisés, de mots cachés, mots avec des lettres manquantes etc.), voici quelques exercices expérimentés en classe et qui donnent des résultats encourageants :

La lettre déguisée, c’est-à-dire lovée dans un dessin : choisir un dessin simple, dépouillé dans lequel on peut glisser une lettre, de façon presque invisible. Il faut que la lettre épouse parfaitement les contours du dessin. L’élève doit découvrir quelle est la lettre.

Les mots sans points . Pour faire prendre conscience de l’importance des points, proposer des mots connus, avec des lettres apprises après en avoir supprimé les points. L’élève doit les rétablir, en couleur de préférence.

La silhouette : proposer une liste de mots connus, proposer en face des silhouettes dans lesquelles les mots peuvent se loger selon leur configuration propre.

  Le miroir : proposer une liste de mots connus, en face et dans le désordre, proposer les mêmes mots écrits en sens inverse ; l’élève doit rattacher chaque mot à son reflet inversé.

عيبر كتاب
عانعن عيون
باتك ربيع
نويع نعناع

Une fois la graphie et l’écriture maîtrisées, le plaisir de trouver sa propre stratégie d’écriture (aller vite, être lisible…) et être reconnu par son propre style !

Lettres orphelines et « étagement »

Les lettres dites « orphelines » ne s’attachent pas à la lettre qui suit . Ces lettres doivent bénéficier d’un traitement particulier, car là encore, le réflexe ne vient pas automatiquement et il est fréquent de voir des élèves attacher ces lettres aux suivantes ce qui rend le mot absolument illisible. Traditionnellement, elles ne figurent pas dans la nomenclature « officielle » de l’alphabet ; il convient aussi de les traiter avec attention en les faisant figurer en bonne place au cours de l’apprentissage, tant leur présence est importante dans le dispositif d’ensemble de l’écriture arabe.

ا – د – ذ – ر – ز – و

Lettres « capricieuses »

La plupart des lettres ne changent guère d’aspect dans leurs différentes positions (initiale, médiane, finale, isolée) : il ne s’agit au fond que d’une forme de base (la forme médiane) à laquelle s’ajoutent des appendices, en nombre limité. Trois seulement voient leur graphème de base engendrer d’autres graphèmes assez, voire très différents. Il s’agit du ع : ععع , du ك ككك et du ههه ه et posent en outre à certains un problème phonétique. Enfin se pose la question de l’écriture de la hamza et du choix de son support. Cet aspect peut ne pas paraître urgent, il convient néanmoins de le traiter rapidement au moins pour ce qui est de la reconnaissance.

Polices de caractères et « étagement »

Les élèves étant invités très tôt à découvrir des documents authentiques, il est important de les familiariser avec les différentes polices de caractères proposées aujourd’hui dans les logiciels, et surtout avec un phénomène gênant pour les débutants : celui que nous appelons par commodité « étagement », très courant avec beaucoup de graphies. Nous appelons ainsi la superposition de deux voire trois lettres comme dans :

 

 

 

 

Normalement : محمد

 

Ce type de graphie induit deux difficultés : – il faut repérer l’ordre des lettres ; – il faut « rendre à chaque lettre ses points ». Lesquels, quand il y en a, sont souvent installés selon des critères esthétiques , donc pas forcément en accompagnement de la lettres à laquelle ils appartiennent.

Ce « style » est utilisé en calligraphie, mis aussi en écriture manuscrite notamment dans le style « Ruq’a » car il permet d’accélérer le rythme d’écriture.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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