Etienne Dinet, peintre Français converti à l’Islam

Etienne Dinet
_______________

Peintre Français, converti à l’Islâm en pleine période coloniale . En sa belle ville de Bousaada (hauts-plateaux algériens, à l’ornière du grand Sahara). Superbement ignoré par les milieux artistiques français. Quant à l’état algérien qui détient l’essentiel de son oeuvre , le moins que l’on puisse dire est qu’il a négligé pendant longtemps et l’homme et son oeuvre.

 

Totalement intégré à son univers d’adoption , et profondément passionné par sa nouvelle religion, il s’adonnait à sa passion favorite : la peinture. Avec la participation de la population de Boussaada , femmes et hommes qui posaient volontiers pour lui ! Il a éffectué ensuite un pélerinage à la Mècque, dont il nous a laissé un très bel ouvrage. Disponible en arabe et en français. Nous prenons cette initiative à l’intention de ceux qui , en France et dans le reste du monde arabo-musulman continuent à dire aux enfants : « en Islâm, il est interdit de dessiner  » !! Comment alors les grands savants arabo-musulmans médiévaux ont -ils pu développer les sciences médicales (ils ont été précurseurs en chirurgie occulaire par exemple) si on leur avait interdit de dessiner l’anatomie humaine ? Simple question de bon sens ..

Naissance d’Etienne Dinet

De son nom complet, Alphonse-Étienne Dinet est né à Paris le en 1861, fils de Louise Marie Odile Boucher et de Philippe Léon Dinet. Il a une sœur, Jeanne, née en 1865, qui deviendra  plus tard sa biographe attitrée. Il rejoint en 1871 comme interne le lycée Henry IV.  Après avoir obtenu son baccalauréat en 1881, il entre à l’école des Beaux-Arts de Paris. En 1882, il expose d’ailleurs pour la première fois au nouveau Salon des artistes français et l’année suivante, obtient une mention honorable, puis en 1884, une médaille.

l’Algérie devient son pays d’adoption

Etienne Dinet décroche une bourse en 1884, il entreprend son premier voyage dans le sud de l’Algérie en compagnie d’une équipe de savants, dans la région de Bou-Saada. La culture locale le marque profondément puisqu’il y retournera de nombreuses fois. Dès l’année suivante, un second voyage le conduit à et au pays du Mzab. Il peint ses deux premiers tableaux figurant cette région, à savoir Sur les terrasses de Laghouat et L’Oued M’Sila après l’orage. Il se met à apprendre l’arabe pour mieux comprendre les cultures de l’islam et plus particulièrement celles du sud algérien. En 1887, il effectue son troisième voyage en Algérie. Dorénavant, il va y passer en moyenne six mois par an.

Une carrière en marge des courants de l’époque

En 1888-1889, il expose au sein du « groupe des Trente-Trois » (ou XXXIII), dans lequel on trouve des artistes français et étrangers, des femmes et des hommes, en marge de certains courants, et présentant une grande variété de styles.

Il est sélectionné pour l’exposition universelle de Paris, il obtient une médaille d’argent, puis avec d’autres peintres,fonde la Société Nationales des Arts.

En 1893, il participe à la fondation de la Société des peintres orientalistes français ainsi qu’ à leur première exposition officielle au Palais de l’industrie à Paris. puis à plusieurs autres manifestations artistiques en France.

L’Édition d’art H. Piazza publie en 1898 un premier livre illustré par Dinet, Antar, « poème héroïque arabe des temps antéislamiques d’après la traduction de M. Devic », illustré par 132 planches. C’est le début d’une série d’ouvrages illustrés par Dinet.

Sa conversion à l’Islam

Dans un premier temps, en 1900, il choisit la ville de Biskra pour installer son premier atelier algérien à . Son tableau L’Arabe en prière annonce le mouvement qui l’amènera à se convertir à l’Islam en 1913. En 1905, il achète une maison à Bou-Saada où il passera les trois quarts de l’année.

En 1907, sur ses conseils, est créée à Alger la Villa Abd-el-Tif, sur le modèle de la Villa Médicis à Rome.

Par ses interventions, ses relations avec les ministères, il obtient des autorités coloniales que Bou-Saâda soit déclaré territoire civil et non militaire.

Il participe à l’exposition universelle de Bruxelles en 1908. En 1913, il fait connaître son nouveau patronyme musulman : Nasr-Eddine.

En 1929, il effectue, en compagnie de Sliman ben Ibrahim, le hajj, le pèlerinage à la Mecque, qui l’amènera à rédiger un ouvrage sur cette expérience.

En 1922, il perd sa mère et achète l’année suivante une villa à Saint-Eugène à Alger où il expose régulièrement.

Le il décède d’une crise cardiaque devant son domicile parisien.

La qubba funéraire de Dinet à Bou-Saâda.
 

(140)