Langues sémitiques et non sémitiques d’écriture arabe

L’écriture arabe à travers les langues

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De nombreuses langues, très différentes de l’arabe utilisent les mêmes caractères (parfois avec quelques modifications pour certaines lettres). Vues d’occident, ces langues (écrites) sont apparentées à l’arabe. Signalons que l’Hébreu, langue sémitique, n’utilise pas les caractères arabes, mais des caractères hébraïques dont certaines lettres et sons correspondent ou ressemblent à ceux de l’Arabe.

Quelques caractéristiques propres à l’alphabet arabe

Voici l’alphabet arabe, tel qu’il nous est parvenu, après quelques siècle d’évolutions (ajouts de diacritiques : points et voyelles brèves que l’on ne voit pas sur ce tableau.). Explication: les points au dessus ou au dessous de la lettre ne sont pas des fioritures; ils font partie du corps de la lettre. C’est ce qui permet de les distinguer quand le graphisme de base est le même. L’ajout d’un point, deux ou trois change la donne radicalement. Si le graphème ne varie que par le jeu des points, la nouvelle lettre correspond à un phonème (son) complètement différent. L’écriture arabe est essentiellement consonnantique. L’alphabet ne compte comme lettres à part entière que trois voyelles longue: â/û/î (  ا  ، و، ي  ). Les voyelles brèves qui leur correspondent, rajoutées tardivement, sont diacritiques et se mettent donc au dessus ou au dessous de la lettre et ne  sont donc pas représentées traditionnellement dans les tableaux alphabétiques.  

Langues ayant adopté l’alphabet arabe

De nombreuses langues ont adopté (et adapté) l’alphabet arabe. C’est en effet le deuxième système d’écriture utilisé dans le monde après l’alphabet latin. Cet alphabet est utilisé en en arabe littéral, mais aussi dans les différents dialectes. le persan l’utilise encore, ainsi que de nombreuses langues du Moyen-Orient. Les Turcs l’utilisaient, Mais Mustapha Ataturc, fondateur de la république turque y a mis fin préférant l’alphabet latin adapté.

Le plus important à signaler est que l’arabe est  la langue employée dans le Coran, donc celle de l’islam. Des pays Musulmans l’ont utilisé, ou l’utilisent encore. Mais l’alphabet arabe étant consonantique, il n’est pas forcément adapté à la phonologie des langues qui ont décidé de s’en servir, généralement des pays qui avaient été intégrés à l’empire musulman. Ces langues n’étaient pas forcément sémitiques comme c’est le cas pour le persan. Ces peuples conquis à l’islam ont dû procéder à des adaptations, surtout réalisées par l’adjonction de signes diacritiques (des points le plus souvent) sur des lettres existant déjà. Dans nombre de pays concernés, l’arabe étant resté une langue liturgique pratiquée, on avait ainsi une double utilisation de l’alphabet :

  • un alphabet enrichi et / ou complété afin de transcrire la langue d’origine du pays en question ;
  • un alphabet utilisé de manière classique pour la lecture et la récitation du Coran.

Origines et diffusion de l’écriture arabe dans le monde sémitique

On suppose que la région d’origine des langues sémitiques fut le Nord et le centre de l’Arabie. Les Sémites tiennent à leur langue primitive, car chacune d’elles, quoique s’étant peu modifiée dans le cours des siècles, a gardé certains procédés que telle autre a abandonné.Il en est de même des sons (phonèmes) qui peuvent exister chez les uns et pas chez les autres et pour lesquels, il a fallu apporter quelques modifications par rapport à la lettre arabe d’origine. Aussi, malgré la grande analogie qu’elles offrent entre elles, on les a groupées par catégories dont nous ne citerons que les plus importantes: – le sémitique oriental: Dans ce groupe nil n’y a malheureusement que des langues dites mortes, car plus en usage que chez de rares chercheurs ou spécialistes. parmi ces langues,  l’akkadien, qui était parlé en Mésopotamie. On y ajoute le babylonien et l’assyrien. L’assyrien, qui était l’idiome sémitique le plus septentrional et le plus oriental, nous a été conservé par de très nombreuses inscriptions cunéiformes; l’écriture assyrienne, qui se lit de droite à gauche, est formée de signes idéographiques précisés parfois par des compléments phonétiques comme c’est l’usage en japonais, et de signes syllabiques assez nombreux.

  • Le sémitique occidental:

Ce groupe comprend d’une part la famille du cananéen, et d’autre part la famille de l’araméen. Le cananéen était proche de l’ougaritique, du moabite, du phénicien et de l’hébreu qui est la seule langue de ce groupe encore parlée. Le phénicien, dont un dialecte, le punique, fut longtemps parlé à Carthage et dans une partie importante de l’est algérien, sans doute sur les côtes de l’Espagne, est très proche parent de l’hébreu. – Le cananéen: Le terme  cananéen  est tiré du nom hébreu Canaan qui désignait les régions de Phénicie et de la Palestine. Leurs habitant étaient soit des  peuples non sémites anciennement établis, soit des envahisseurs sémites installés avant l’arrivée des Hébreux. Le cananéen, qui comprend comme langues importantes l’hébreu et le phénicien, semble n’avoir jamais couvert qu’une petite région continentale de, à laquelle il faut ajouter les colonies phéniciennes. – L’hébreu: L’hébreu ou langue hébraïque est la langue que parlaient les Israélites au temps où ils formaient une nation indépendante. L’hébreu nous est connu d’abord par les livres de l’Ancien Testament, ensuite, par  des monnaies juives de l’époque des Macchabées, par l’inscription de Siloé (fin du VIIIe s.), et par une vingtaine d’inscriptions de moindre importance.

L’hébreu

L’hébreu est appelé, dans l’Ancien Testament, langue de Canaan et langue juive. A l’époque de, l’expression de langue hébraïque était appliquée à l’idiome parlé en Palestine, idiome où dominaient les éléments araméens, et qu’on nomme souvent syro-chaldaïque. L’hébreu  est une langue chamito-sémitiqueappartenant à la branche centre-nord de la famille des langues sémitiques du groupe cananéen. Elle est étroitement apparentée au phénicien et aux langues araméennes. L’hébreu classique est la langue rituelle et la langue liturgique de le raligion juive, tandis que l’hébreu moderne compte plus de neuf millions de locuteurs en Israël et environ un million dans le reste du monde. Comme l’alphabet arabe, l’alphabet hébreu est du type abjad qui note exclusivement des consonnes. Deux calligraphies hébraïques coexistent aujourd’hui : l’écriture assyrienne dite écriture carrée, et l’écriture cursive. Ces deux types d’écriture se lisent et s’écrivent, comme l’arabe, de droite à gauche.

Le phénicien:

Le phénicien est très voisin de l’hébreu. Le phénicien se reconnaît par des inscriptions (épitaphes, ex-voto, légendes de monnaies et de bijoux, papyrus, etc.) et par quelques citations d’auteurs latins, dont la principale se trouve dans le Poenulus de Plaute. La plus importante des inscriptions phéniciennes est celle qui a été découverte, sur le sarcophage d’un roi de Sidon et qui est sans doute de 600 avant notre ère. La langue des colonies, surtout celle des colonies Nord-africaines, paraît être quelque peu différent du phénicien de la métropole. Aussi distingue-t-on souvent le phénicien proprement dit du phénicien d’Afrique ou punique. Ce dernier se divise d’une façon assez tranchée en deux dialectes. Le punique ancien, connu par les inscriptions découvertes en Tunisie et dans l’Est de l’Algérie est à peu près identique au phénicien de Palestine. Le néo-punique, dont les monuments ont été trouvés dans la même région, présente une langue sensiblement modifiée et un alphabet plus rudimentaire. On croit qu’il fut parlé en Afrique jusqu’à à l’arrivée des Arabes, et qu’il a même favorisé les progrès de l’Islam, grâce à la parenté, qui l’unit, à la langue arabe.

Comment procéder aux ajouts et transformations nécessaires ?

Pour l’alphabet arabe coranique, toujours de mise en arabe moderne, repotrtez-v4ous à notre article: La création de nouvelles lettres dans nombre de langues sémitiques ou non, révèle une démarche rationnelle s’appuyant sur des connaissances parfois précises en phonétique : l’arabe, par exemple, ne possède normalement pas de son g. En pratique, la lettre ج ججج ǧim est parfois utilisée comme dans سيجارة (prononcer cîgâra). Dans certains pays (Maroc) le g est représenté par la lettre گگگ ,  , c’est à dire un kâf surmonté d’une fatha. En Algérie, on préfère la lettre ڨڨڨ ڨ. Le phonème V est représenté par la lettre  ڥڥڥPour l’adaptation, le principal problème rencontré   de l’alphabet arabe reste le fait qu’il s’agit d’une langue consonantique ne contenant pas de voyelles brèves mais seulement des longues (au nombre de trois).  Les moyens choisis pour pallier cette difficulté sont nombreux : création de nouvelles lettres, utilisation de matres lectionis (consonnes notant l’allongement des voyelles). . Beaucoup d’ambiguïtés, cependant, subsistent. Enfin, la langue sacrée étant l’arabe du Coran, les lettres « inutiles » dans la langue pratiquée ont été conservées afin de permettre la notation exacte des textes religieux et de termes y liés, sans pour autant que celles-ci soient prononcées comme en arabe. Par exemple, dans la majorité des langues non sémitiques, il n’existe pas de consonnes emphatiques ; celles-ci sont donc réalisées comme des simples : c’est le cas en ourdou, où le ṭāʾ ططط ط arabe emphatique vaut simplement [t]. En persan où le ḥāʾ ححح ح [ħ] est prononcé . Enfin, un autre problème concernant ces langues non arabes obligée d’utiliser un alphabet sacré qui ne correspond pas point par point à leurs besoins graphiques. Il n’y a aucune institution commune pour synchroniser les adaptations et ajouts. Chaque pays y va de ses « trouvailles »! C’est le cas également dans les pays arabophones où existent d’autres langues comme le berbère au Maghreb. C’est aussi le cas pour l’arabe moderne lorsqu’il s’agit de transcrire des noms ou des toponymes étrangers contenant des sons qui n’existe pas en arabe. Cela est particulièrement visible dans la publicité où la presse est obligée de faire un effort d »imagination pour transcrire le n/om du produit le plus fidèlement possible.

Jeu: testez vos connaissances Mettez V ou F devant la question selon ce que vous estimez être vrai ou faux.

Vrai/Faux         

1- Le Pakistan a pour langue nationale l’arabe.

2- L’iranien appartient au rameau de langues dites sémitiques.

3 –L’iranien utilise les caractères arabes.

4- L’iranien utilise les caractères arabes sans aucune modification graphique.

5- La Turquie a pour langue nationale l’arabe.

6- Les Turcs utilisent les caractères arabes. *

7- Le turc et le persan sont truffés de mots arabes.

8- Avant la révolution kémaliste, le turc s’écrivait en caractères arabes.

9- L’afghan utilise des caractères arabes mélangés à des caractères hindis.

10- Tous les pays musulmans de l’ex-empire soviétique (Turkménistan, Tadjikistan, Ouzbékistan…) parlent l’arabe.

11- Le swahili est une langue africaine qui s’écrit en caractères arabes. **

12- Le Sénégal, pays à majorité musulmane a pour langue nationale un dialecte africain écrit en caractères arabes.


Solutions : 1 –  F     2 – F    3 –     4 – V     5 – F      6 –  F *     7 –  V     8 – V     9 – F     10 – F     11 – F **     12 – F *   * De plus en plus de turcs envoient leurs enfants dans des écoles coraniques pour y apprendre non seulement le Coran, mais aussi l’écriture arabe afin d’accéder directement au texte sacré, à la source. ** Le groupe de langues  swahilis ou Souahélis utilise les caractères latins (aménagés), mais l’écriture arabe a été aussi employée.

 

Lire aussi : Vous avez dit Arabe ?

 
 

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