Littérature arabe classique : La littérature antéislamique – Introduction

تمهيد للأدب العربي في عصر الجاهلية

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INTRODUCTION

Dans ce dossier, nous proposons un panorama le plus complet possible de la littérature arabe pour les non initiés. Il s’agit de faire découvrir la littérature arabe sous ses multiples facettes à nos nombreux visiteurs, attirés d’abord par l’aspect « apprentissage de l’arabe » qui est notre spécificité. Bien entendu cette présentation de l’immense patrimoine littéraire arabe ne saurait prétendre à l’exhaustivité, et nous laisserons certainement de côté quelques grandes œuvres ou auteurs ; ce que des érudits exigeants pourraient nous reprocher.

Mais si nous pouvions contribuer de la sorte à réhabiliter « le fait littéraire arabe », par un travail de « vulgarisation », de banalisation allions-nous écrire et le rendre accessible au plus grand nombre possible de gens intéressés par la culture arabe en générale, alors, nous aurons réussi notre mission.

Nous nous limiterons volontairement à l’exposé du fait littéraire à proprement parler sans aborder le volet des sommes érudites monumentales écrites en matière de théologie, sciences, philosophie, cosmogonie, historiographie , géographie et autres préoccupations savantes du monde médiéval. Ceci fera l’objet d’un autre dossier à venir.

La littérature antéislamique

La littérature antéislamique ou préislamique désigne l’ensemble de la production littéraire en langue arabe dans l’Arabie du VIè siècle jusqu’à l’avènement de l’islam en 622. En abordant cette période littéraire, il faut être conscient qu’elle ne nous est connue qu’à travers le regard des littérateurs des siècles suivants, qui participèrent à l’idéaliser. Si la période préislamique fut d’abord pour les théologiens, sous le terme de Jâhiliyya, la période de l’ignorance et des ténèbres précédant la révélation coranique , les érudits commencèrent à l’identifier, dès la fin du 7è siècle , à un âge d’or pour la langue arabe, berceau de sa forme la plus pure et originelle. Toutes les œuvres de cette période nous sont parvenues par l’intermédiaire d’érudits et de poètes qui collectèrent systématiquement à partir du 8è siècle des traditions, des récits et des vers transmis principalement oralement. Il est avéré que plusieurs de ces collecteurs, le plus célèbre étant un certain Hammâd le Transmetteur , inventèrent, « améliorèrent » ou « corrigèrent » des vers et des akhbâr (chroniques). En conséquence, une partie de cette littérature est considérée comme postérieur, apocryphe même s’il est souvent impossible aujourd’hui de démêler les œuvres authentiques des fausses. De même, il n’y a guère de poète préislamique dont la biographie ne soit pas teintée de légende. Dans toute la littérature préislamique qui nous est parvenue, le genre le mieux représenté et le plus emblématique est, de très loin, la poésie, avec pour modèle la qassida monomètre et monorime, et pour fleurons les Mu’allaqât. Les grammairiens, philologues et lexicographes des siècles suivants regardèrent en effet la poésie comme l’art littéraire par excellence, et la poésie préislamique comme l’expression la plus authentique du génie linguistique arabe. Néanmoins la prose ne fut pas en reste, avec différents genres qui nous ramènent à une histoire en grande partie perdue, en témoignent la prose rimée des kahana (oracles païens) ou encore les Jours des Arabes, les récits des batailles et des guerres.

Bibliographie indicative:

Cette bibliographie n’est pas complète, mais reprend des titres cités par Pierre Larcher dans ses ouvrages Les Mu‘allaqât, les sept poèmes préislamiques, Les Immémoriaux, Fata Morgana. 2000 et Le Guetteur de mirages. Cinq poèmes préislamiques, Sindbad-Actes Sud, 2004. D’autres ouvrages existent, notamment celui de Mmes Katia Zakharia et Heidi Toelle pour d’autres références sur la littérature classique arabe en général. Le lecteur pourra, à partir de ces ouvrages, trouver d’autres informations qui lui permettront d’approfondir ses connaissances de la littérature arabe et notamment de la poésie préislamique.

 

Amaldi, D. 1991. Le Mu’allaqât. Alle origini della poesia arabia, a cura di Daniela Amaldi. Venezia : Marsilio.Anbârî (al-) 1963. Sharh al-Qasâ’id al-sab‘ al-tiwâl al-jâhiliyyât, éd. ‘Abd al-Salâm Hârûn, Dhakhâ’ir al-‘Arab 35, Le Caire : Dâr al-Ma‘ârif.Arberry, A.J. 1957. The Seven Odes. The First Chapter in Arabic literature. London :Allen & Unwin et New-York : Macmillan.Abd-El-Jalîl, J.-M. 1963. Brève histoire de la littérature arabe, Paris.Arazi, A. 1989. La réalité et la fiction dans la poésie arabe ancienne. Paris : Maisonneuve et Larose.Bauer, Th. 1992. Altarabische Dichtkunst. Eine Untersuchung ihrer Struktur und Entwicklung am Beispiel der Onagerepisode. Wiesbaden.Beeston, A.F.L., Johnstone, T. M., Serjeant, R. B., Smith, G. R. (1983). The Cambridge History of Literature. I.

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