Cours d’Arabe en ligne gratuits: grammaire de base de l’Arabe littéral

Grammaire de base de l’Arabe littéral: aide complémentaire

_______________________________________________

Il ne s’agit absolument pas ici, de proposer un cours de grammaire de base complet. Les règles de base de l’Arabe littéral sont largement abordés dans nos ouvrages Al-Manhaj 1 pour débutants, Al-Manhaj 2 , niveau intermédiaire et Miftâh, dictionnaire Arabe-Français et Français -Arabe, comprenant en annexe un véritable condensé de la grammaire de base utilitaire ainsi qu’une démarche originale et unique pour apprendre à passer d’un dictionnaire alphabétique à un dictionnaire classé par « racines », comme c’est le cas pour tous les dictionnaires arabes classiques.

Nous avons tout simplement compilé les nombreuses questions que nous posent les internautes usagers de nos ouvrages et qui rencontrent des difficultés -tout naturellement- au cours de leur apprentissage. Et nous avons pensé à regrouper toutes les réponses que nous leur avons fournies dans cet article, de manière à rendre encore plus explicites certaines règles contenues dans nos manuels et à combler d’éventuelles failles, tout en enrichissant chaque nouvelle explication par des exemples multiples, de manière à rendre la règle plus fonctionnelles.

Les points de grammaire abordés ne suivent donc pas un ordre pédagogique pré-établi, mais simplement celui des interventions des internautes, dont nous avons choisi les questions les plus pertinentes.

_______________

Le cas de la lettre  wâw و

Réflexion d’un collègue enseignant :

Mes élèves ont des problèmes avec la lettre wâw…
Et c’est vrai que cette petite lettre a donné des cheveux blancs aux plus éminents grammairiens arabes. Aujourd’hui encore, des thèses de doctorat lui sont entièrement consacrées !
Lettre « multi-fonctions » en grammaire arabe, elle pose problème en classe, même à des niveaux plus modestes.

a- l’arabe ne comportant pas de mots à une seule lettre « autonome », le wâw, quelle que soit sa fonction, doit donc naturellement s’attacher au mot qui suit. Or, graphiquement, on ne peut pas l’attacher : c’est une lettre dite « orpheline » comme dâl, dhâl, râ et zây …

la convention veut qu’elle soit placée graphiquement au plus près du mot qui suit. Ce qui n’est pas toujours respecté même dans des documents authentiques et sérieux que nous fournissons aux élèves ( articles de presse, extraits de littérature.. )
résultat, les élèves finissent par l’assimiler à une particule autonome et la laissent traîner parfois en fin de ligne…

b- Cette lettre pose également problème lorsqu’un mot commence naturellement par wâw comme dans les mots : wasala, wujûd, widâd …Elle est systématiquement lue, wa ( avec une fatha). Cela se complique lorsque ce même mot est précédé de notre fameuse particule !

c- La langue arabe use et abuse – il faut l’admettre- de l’usage du wâw aussi bien en tant que conjonction de coordination , que dans les autres cas. Dans l’énumération par exemple :
Kitâb wa qalam wa qurâs .
Les élèves traduisent : un livre ET un crayon ET un cahier ! Alors qu’en Français la conjonction ne doit apparaître qu’en fin d’énumération.
Mieux encore, en Arabe, des paragraphes entiers peuvent commencer par wa…les élèves calquent le même système dans leurs versions françaises, ce qui laisse sceptiques beaucoup de collègues, profs de langue française.

Ma suggestion :

Bien que ce problème ne soit pas particulièrement pris en compte dans les programmes officiels, il gagnerait à être « travaillé » plus en profondeur en classe et ce dès le niveau débutant. Sans rentrer bien entendu dans toute la complexité que représente le wâw en matière de grammaire.

Déclinaisons des noms avec des pronoms affixes

e voulais vous dire un grand merci car grâce à vous je découvre la langue Arabe mais aussi j’arrive enfin à lire sans voyelles ! Beaucoup de critiques ont été faite sur le fait que vous n’ayez pas utilisé la méthode des « voyelles » mais vous avez bien eu raison car ça force la mémoire à apprendre plus vite la prononciation des mots donc vous avez fait le bon choix ! J’en suis arrivé à « Des vacances en Tunisie » et je m’y suis mis il n’y pas longtemps et pourtant je prend bien mon temps afin de tout bien assimiler !
Il y a cependant une chose qui m’embête au niveau des déclinaisons, c’est le cas des déclinaisons des noms avec des pronoms affixes, je trouve qu’il n’y a pas assez d’exemples mais surtout il n’est pas assez de précisions…

Sinon à part ça je maîtrise bien les 3 déclinaisons ! Le CD audio est super et ceux qui y ont participé ont une belle voix et surtout le dialogue est naturel et non artificiel même au début je trouve !
J’ai hâte de voir votre version intermédiaire ! Je suis certain qu’elle sera autant agréable et méthodique ! On voit que la méthode a été conçue par des professeurs passionnés, compétents et attentifs à leurs élèves ! Merci encore !

je suis ravi d’avoir une eu une réponse de votre part ! Vous avez exactement compris ce que je voulais dire avec les pronoms affixes même si je l’avoue avoir eu beaucoup de mal à vous expliquer avec mes propres mots ! (rires) ! Je vous autorise bien sur à afficher mes mails sur votre forum si cela peut aider les gens comme moi qui apprennent la langue Arabe !
Oui petit à petit j’avance et je comprend le comportement des déclinaisons ! J’ai compris aussi que pour la situation où il y a cas direct masculin la déclinaison est inévitable également pour les noms même à l’oral ! Concernant la somme de travail que je fournis, je travaille tous les jours et j’aborde les dialogues où les textes de lecture avec assiduité, j’apprend également par coeur le lexique parce que certains mots sont ré utilisés !

J’avoue aussi avoir été surpris par certaines phrases durant mes leçons précédentes comme la phrase: yazhab al assdiqaa ila as sinimaa yaum ath thulaatha b3ada az zuhr (excusez moi po!
ur la retranscription), j’ai remarqué que le sujet (al assdiqaa) qui est au pluriel ne s’accorde pas en nombre avec le verbe (yazhab) ! J’avoue que c’est ce qui m’a le plus étonné puisque normalement ça doit être yazhabuun(a) ! Remarquez que ça n’empêche pas la phrase d’être compréhensible ! J’avoue que dans l’ensemble la langue Arabe est logique ! Même s’il y des exceptions étranges mais on découvre toujours qu’il y a une logique !

Grégory. B

Réponse:

Vous avez employé exactement le mot qu’il fallait: logique. En effet c’est ce qui caractérise essentiellement l’Arabe littéral de ses dérivés dialectaux. Nous sommes très content que vous ayez mis le doigt sur un sujet important et qui nous tient à cœur. Vous le savez bien, la langue arabe continue quand même à souffrir de nombreux préjugés en Occident : langue du tiers-monde, difficile, anarchique (sans doute du fait de la diversité des dialectes…)

Or la langue arabe littérale , définitivement structurée autour du texte coranique puis par ses évolutions postérieures est d’une rigueur stricte et d’une logique implacable pour réemployer votre terme. En tant qu’enseignants, très attachés à cette langue, nous n’arrêtons pas de dire à nos élèves/stagiaires/ étudiants que l’Arabe est d’une rigueur et d’une logique quasiment mathématiques ! D’ailleurs les apprenants qui réussissent le mieux avec les aspects grammaticaux sont… des matheux ou des informaticiens !! En tous cas des gens à l’esprit scientifique.
C’est pour cela que pour vraiment réussir en Arabe, il faut être soi-même « bosseur », assidu et rigoureux !
Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’il faut être nécessairement un « scientifique » pour se mettre à l’Arabe. N’importe qui, vraiment motivé, avec du travail peut y arriver…

Concernant le point de grammaire précis que vous avez soulevé, voici une réponse qui nous l’espérons, vous aidera à y voir plus clair :
la langue arabe est une langue essentiellement verbale. pratiquement, tout le dispositif langagier est construit à partir de racines verbales « trilitères » (3 lettres radicales). A l’exclusion de mots-outils grammaticaux (pronoms, affixes, prépositions , interrogatifs, etc…)
Donc en toute logique, la phrase « normale » en Arabe commence par le verbe et suit globalement le schéma suivant : Verbe + sujet + compléments…

Cela donne par exemple : yadrus Grégory al-‘arabiyya = Grégory étudie l’Arabe (en Français le sujet prime, bien sûr)
Mais rien ne nous empêche de commencer par le sujet et de dire : Grégory yadrus al-‘arabiyya. Cette phrase, considérée comme « nominale » en Arabe puisqu’elle commence par un nom , même si elle contient un verbe est toute aussi juste grammaticalement que la première.
Mais le sens change quelque peu, dans cette deuxième phrase, le locuteur qui la prononce ou l’écrit veut insister sur le sujet :
Cela se traduirait en Français par :

Grégory, lui, il fait de l’Arabe (sous -entendu , par rapport à Untel , qui lui, n’en fait pas) ou bien même : Grégory ? mais il fait de l’Arabe!! Bref selon le contexte…

La règle est que si on commence « normalement » par le verbe IL N’Y A PAS D’ACCORD EN NOMBRE AVEC LE SUJET MAIS UNIQUEMENT EN GENRE. Ex :
yadrus Grégory al- »arabiyya
yadrus Grégory wa Karîm wa Elias al-‘arabiyya (ils sont 3 maintenant, mais le verbe est resté masculin singulier)

Tadrus Nadia al -inglîziyya
Tadrus Nadia wa Christine wa Leyla al-Inglîziyya ( l’accord verbe-sujet est resté féminin singulier)
En revanche, si on commence par le sujet, ce qui est permis, alors on retombe dans le système Français : accord à tous les niveaux, en genre et en nombre.
Grégory yadrus al-‘arabiyya
Grégory wa Karîm wa Elias yadrusûn al ‘arabiyya

Nadia tadrus al- inglîziyya
Nadia wa Christine wa Leyla YADRUSNA al -inglîziyya

Un dernier mot : souvent nos apprenants nous posent la question : pourquoi est-ce ainsi ?
Nous répondons humblement :
Les enseignants savent enseigner le comment des choses en langues, transmettre les mécanismes, mais ils n’ont pas toujours été formés pour élucider les grands mystères d’une langue qu’ils enseignent.
Cela relève de la recherche universitaire, qui n’est pas de notre ressort. Nous on veut juste rendre l’Arabe accessible au plus grand nombre, en faisant appel aux meilleurs moyens pédagogiques que la modernité nous permet.

Bon courage et nous restons à votre entière disposition tout au long de votre progression pour toute autre question.

Merci de nous autoriser à mettre en ligne sur notre forum tous ces échanges qui profiterons à coup sûr à d’autres internautes qui ont choisi DILAP

C. Lefeuvre
Pour l’Equipe pédagogique DILAP

—————————————–

Usage des déclinaisons en langue arabe

Les déclinaisons régissent en grande partie le fonctionnement de la langue arabe.
A l’écrit, elles restent de mise et incontournables en toutes circonstances.
C’est à l’oral que l’Arabe moderne – notamment dans les médias – se permet de les occulter mais uniquement dans les cas où cela est possible !
Cela rend la communication orale plus facile, plus fluide…

Dire comme certains élèves du secondaire, d’étudiants à la fac ou d’auto-apprenants, « on nous fait apprendre quelque chose qu’on n’aura pas à utiliser », c’est faire la preuve que l’enjeu de cet aspect majeur de la grammaire arabe n’a pas été compris.
S’accommoder des facilités et de la souplesse qu’offre une langue dans sa partie orale est une chose, maîtriser cette même langue dans la totalité de ses exigences syntaxiques notamment, pour accéder pleinement au vaste et complexe patrimoine écrit est une autre chose….

Si à l’oral, l’usage de la langue tend vers la simplification par l’omission ( la non-réalisation ), de nombreux cas de déclinaison, il existe des situations à l’oral où l’omission n’est pas pardonnable. La syntaxe complète reprend ses droits, et la non réalisation des déclinaisons nécessaires est considérée comme une faute voire une grave méconnaissance de la langue.
Bien sûr, on comprend un orateur ( dans un débat par exemple) qui « parlant à chaud » loupe une déclinaison. Mais on pardonne moins, voire pas du tout à un présentateur de journal télévisé, à un journaliste réalisant une interview, un homme politique déclamant son discours …


Cas de déclinaisons en Arabe

Le nombre de cas de déclinaison en arabe est limité :
3 cas au total pour ce qui est des noms, adjectifs, participes et certaines locutions adverbiales. Les voici :

– le cas sujet : ( quand le mot est sujet ou en début de phrase).
Dans ce cas, la marque casuelle est la damma (u) si le nom est indéterminé. Double damma ( tanwîn – ûn) si le nom est déterminé.
– le cas direct : (quand le mot est complément direct).
La marque casuelle est la fatha (a) si le mot est déterminé, la double fatha (an) s’il est indéterminé.

Remarque :

Dans ce cas, si le mot est masculin, on ajoute un alif. Si le mot est féminin, le tanwîn (an) ira directement sur la tâ marbûta.
Exemple :
Yakhtâru at-tâlibu kitâban
À l’écrit, alif est obligatoire à la fin de kitâb – trace écrite – .
Tashtarî at-tâlibatu majallatan
Pour majallatan, il est bien au cas direct (mansûb), le tanwîn est de mise si l’on respecte la déclinaison mais la double fatha est directement sur tâ’ marbûta, sans alif; donc on n’a pas de trace écrite comme pour le masculin si l’on ne met pas les voyelles.

A l’écrit, si les voyelles brèves ne sont pas utilisées –majorité des usages- on n’aura aucune trace écrite supplémentaire pour réaliser correctement le mot en lecture orale.

Dernier cas de déclinaison :
– le cas indirect.
Sa marque casuelle est le (i) pour le nom déterminé et ‘in) – double kasra – pour le nom indéterminé.

Un mot est au cas indirect notamment si :
– il est précédé d’une préposition
– il est complément d’un nom ( annexion).

Ceci représente les règles à acquérir en niveau débutant.

Les cas où l’on ne peut pas se passer des déclinaison à l’oral :
Voici les cas où la déclinaison est nécessaire à l’oral :
1- Essentiellement quand le mot a un pronom affixe (à la fin).
Yaftah at-tilmîdh al kitâb – dans ce cas aucune déclinaison nécessaire.
Yaftah at-tilmîdh kitâbahu – pour le dernier terme la déclinaisons’impose à cause de la présence de l’affixe “hu”.
2- le tanwîn dans des termes courants tels que : marhaban ,ahlan, shukran….
3- Les compléments circonstanciels de temps et de manière : dakhala mubtasiman
Wasala fî as-sâ’a as-sâdisa sabâhan
4- les participes actifs à racine défectueuse.
5- Les pluriels externes masculins et les duels
6- Les verbes en présence de pronoms affixes.

Cette liste n’est bien entendu pas exhaustive, mais elle récapitule l’essentiel.
Les déclinaison sont abordées dans Al-Manhaj pages : 65 – 67 – 127 – 142 – 149


Le procédé du « tanwîn » en Arabe

Dans les faits, peu de mots en arabe se terminent par un alif. Mis à part des verbes comme samâ, yasmû ou da’â, yad’û, ou alors des noms étrangers transcrits comme sînimâ, amîrîkâ …
C’est là un cas de grammaire. Toutes les formes adverbiales par exemple, exigent un tanwîn, procédé qui consiste à rajouter un alif avec deux fatha. ( ce que les élèves en classe appellent de façon mnémotechnique amusante « le drapeau »). La présence du tanwîn entraîne obligatoirement la prononciation « an » comme dans le célèbre « shukran » ou ahlan, marhaban etc..
Conclusion : face à un mot terminé par alif, on a plus de chances de « tomber juste » en le prononçant « an ».

Mode infinitif et racine trilitère arabe des verbes

Ce problème est abordé très tôt dans Al-Manhaj. Page 48 , point de grammaire 2.1.1.
La langue arabe n’a pas ce mode – fort commode- qu’est l’infinitif. A la fois a-temporel et impersonnel. Mais chaque langue a son « génie ». Quand en arabe, on conjugue les verbes « simples » et qu’on arrive à la troisième personne du maculin singulier, on s’aperçoit que le verbe n’a plus ni préfixe, ni infixe, ni suffixe ! il est « nu » dans sa racine trilitère. Et par conséquent facilement identifiable.
C’est la raison pour laquelle les grammairiens arabes médiévaux ont choisi de présenter les verbes ainsi. Or au présent, donc à l’inaccompli, ces verbes peuvent voir la voyelle du deuxième radical changer :
Kataba ( à l’accompli ) donne yaktubu ( à l’inaccompli)
Jalasa > yajlisu – remarquer le « i » voyelle médiane, avant le « su »
Sami’a > yasma’u – remarquer le « a » voyelle médiane , avant le « ‘u »

Pour des raisons pédagogiques, la convention est de donner le verbe à l’accompli comme convenu, mais de rajouter l’inaccompli pour faire connaître la « voyelle médiane » citée plus haut.


Les sons et lettres qui n’existent pas en arabe

Une controverse revient souvent en classe à propos de lettres en usage dans le monde arabe et qui n’existent pas dans l’alphabet. Lettres destinées à réaliser des sons qui n’existent pas en Arabe. Sons tels que : P , V voire même G ( comme gâteau). Les lettres de « substitution » sont un kâf ou fâ surmonté de trois points. On trouve aussi le bâ avec trois points en dessous et d’autres inventions farfelues …

Réponse:

En fait, il n’existe aucune convention trans-arabe pour transcrire les sons inexistants en Arabe. Chaque pays fait ce qu’il veut en la matière. Résultat : une cacophonie invraissemblable et amusante à la limite…
Cela dit, le problème s’est déjà posé aux pays qui utilisent les caractères arabes pour exprimer une autre langue : l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan etc…

transcription arabe des noms et toponymes français

Les noms français transcrits en arabe deviennent illisibles sinon méconnaissables !

Réponse:

En effet, mais l’inverse est aussi vrai !
Il n’ y a qu’à voir le « massacre » des noms propres arabes dans les médias occidentaux .. notamment à la télé et la radio. Quant à la transcription des noms et toponymes occidentaux, l’idéal pour l’Arabe, serait de transcrire les noms étrangers en mettant des voyelles longues partout, même quand il s’agit de brèves !
Par exemple, on transcrirait le nom de François Mitterrand :
Frânsûâ mîtîrân
Le lecteur arabe a plus de chances de réaliser une lecture proche de la prononciation correcte du nom.

Nûn at-tawkîd en arabe

Remarque d’un collègue enseignant.
Certains primo-arrivants très bons en arabe, commettent pourtant une singulière faute en conjugaison : Pour les personnes :
antunna ( Vous – féminin pluriel) et
hunna (ELLES) , ils mettent à la fin du verbe un nûn avec une shadda !

Réponse:

C’est à cause de l’influence du Coran ! En effet, dans le texte sacré, le «nûn at-tawkîd »* est très fréquent. –Voir sur ce site, lecture et écriture du Coran : le sourate 104 verset 04 – fragment 04 –
Comme les primo-arrivants sont forcément dialectophones et que ces personnes (antunna et hunna) sont inexistantes dans la conjugaison dialectale, le transfert est vite fait !

* nûn de confirmation ou d’insistance

pluriels irréguliers arabes

Y’a-t-il une règle pour maîtriser les pluriels irréguliers ?

Oui et non. Il existe bien une règle, mais si complexe que pédagogiquement elle est impraticable ! Résultat ; ces pluriels on les apprend à l’usage, un peu comme en anglais pour les prétérits. De toutes façons dans les manuels d’apprentissage de langue arabe ( c’est le cas dans Al-Manhaj) ils sont systématiquement donnés dans les lexiques. En outre dans les examens – En France- notamment au baccalauréat, l’usage d’un dictionnaire bilingue est exceptionnellement autorisé. Le dictionnaire donne bien entendu tous les pluriels irréguliers.
Dans Al-Manhaj, les pluriels sont abordés en pages 64 et 127, points de grammaire respectifs : 2.2.1 et 4.2.6.

Pronoms personnels isolés en arabe

Pourquoi dans Al-Manhaj, dans les tableaux de conjugaison, les pronoms personnels sont présentés dans une colonne à part ?

R: Ce choix s’explique par le fait que dans la conjugaison des verbes, les pronoms personnels sont présents sous forme de préfixes et/ou de suffixes.
Exemples :
Dans taktubîn > le préfixe « ta » et le suffixe « în » désignent la deuxième personne du féminin singulier.
Si vous dites aktub = j’écris., rien n’empêche de dire :
Anâ aktub, mais dans ce cas, cela signifie, Moi, j’écris !

préposition arabe « li »

je suis gêné par les mots qui commencent par un lâm. S’agit-il d’une lettre faisant partie du mot ou bien de la préposition « li » ?

R: Comme pour la préposition « bi » abordée précédemment, le lâm peut faire partie duu mot comme dans « laban » ou « layl » mais là encore, la chance que le lâm soit une préposition est une probabilité plus importante. La distinction se fait à l’usage et à force de lectures.

Préposition arabe « bi »

je suis embêté parles mots qui commencent par bâ’, car je ne sais jamais s’il s’agit d’u bâ’ qui fait partie du mot comme bâb ou balad ou bien s’il s’agit de la préposition « bi ».

R: Dans ce cas on a 90 % de chances de tomber sur la préposition « bi » . Surtout quand cette lettre est suivie de l’article « al ».

Orthographe du mot allâh

Pourquoi le mot allâh est-il toujours surmonté d’un petit alif diacritique ?

R: Question … épineuse et qui nous renvoie aux singularités orthographiques du texte coranique que nous avons abordées dans un autre dossier consacré à l’étude comparative orthographique de l’arabe moderne et du texte coranique.
Toutefois à titre de réponse, disons que le mot allâh réalisé à l’oral contient bel et bien une voyelle longue

bien que celle-ci ne soit pas présente dans la vulgate coranique en vigueur. Ce mot- sacré- est donc resté figé dans sa forme ancienne ancré par la version egyptienne du manuscrit sacré , version qui s’est imposée au monde entier. Il a été rajouté un alif « diacritique » pour rappeler que phonétiquement, le mot allâh doit être prononcé avec une voyelle longue.
Enfin signalons que dans tous les logiciels de traitement de texte existants, le mot allâh saisi simplement au clavier, sort automatiquement sous cette forme, c’est-à-dire avec une shadda et un alif diacritique.

Accompli et inaccompli en grammaire arabe

Pourquoi utiliser les termes accompli/inaccompli – que les élèves confondent souvent – au lieu de parler tout simplement de passé et de présent plus simples et familiers pour les apprenants ?

R: Les termes accompli/inaccompli sont plus appropriés concernant la langue arabe et ce pour plusieurs raisons :

a- La langue arabe est essentiellement « verbale » et par conséquent, la conjugaison tient plus compte de l’action éventuelle exprimée par le verbe. Alors que la grammaire française se réfère à une notion « linéaire « du temps. Nous touchons là à un phénomène qui relève autant de la mentalité et de la culture que de la morphologie de la langue. En effet, en langue arabe, il s’agit d’abord de savoir si le « fait » est déjà accompli, est entrain de s’accomplir ( de se réaliser au moment où l’on parle) où s’il doit s’accomplir dans un temps proche ou lointain.

b- Cette terminologie est particulièrement commode dans le cas de l’inaccompli apocopé. Un élève ou apprenant débutant voit la particule lâm suivie d’un verbe qui ressemble furieusement à un inaccompli (présent..). dans ce cas, comment expliquer efficacement à l’apprenant que nous sommes au passé à la forme négative ? la formulation : « inaccompli apocopé » dépaysante, répond mieux à ce besoin pédagogique. Si en plus on fait le travail nécessaire pour rendre automatique l’association : lâm – négation au passé , on obtient le réflexe naturel de tout arabisant pour qui la simple vue de cette particule négative transporte spontanément dans le passé.
c- Enfin, le même problème se pose pour le futur, construit entièrement à partir de l’inaccompli avec juste la préfixation de la lettre sîn. Il s’agit bien de la conjugaison de l’inaccompli avec juste l’ajout d’un appendice. Les élèves le comprennent parfaitement bien !

L’accompli est abordé dans notre manuel Al-Manhaj 1:
en page 82 – points de grammaire : 3.0.1, 3.1.2
en page 126 : points de grammaire : 4.2.4

l’inaccompli est abordé dans les pages suivantes:
en page 48 – points de grammaire : 2.1.1
en page 49 – points de grammaire : 2.1.3
en page 64 – points de grammaire : 2.2.2
en page 82 – points de grammaire : 3.1.1
en page 141 – points de grammaire : 5.1.6

 


 

(135)