Culture-arabo-berbère. A la découverte du Hoggar & du M’zab (sud Algérie)

 

Au pays des berbères Touaregs et Mozabites

Voyage à Tamanrasset et Ghardaïa

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Par Ali Bouchemla

Ex- cadre sonatrach – Algérie

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Suite à une pub j’ai contacté par téléphone l’agence de voyage  Awtane voyage , (1)  sise à Dar El beida Alger.

Le jour j départ en bus à18 H Lieu de départ place du 1er Mai Alger . Après avoir roulé durant presque toute la nuit arrivée à El Ménéa ex El Goléa pour une escale après avoir fait 870 KM.

        La citadelle d’el Ménéa ou Goléa de l’arabe « kalâa »    

Vers 11h du matin reprise du voyage vers Tam ou nous sommes arrivés vers le coup de 16 H avec quelques péripéties le chauffeur s’était fait chopé par le radar pour excès de vitesse longs conciliabules avec les gendarmes finalement le chauffeur à écopé d’un pv seulement. installation dans l’ hôtel pour deux nuits à TAM ; Grand choc pour moi Tam me semblait être une ville sub-sahariènne où on entendait diverses langues africaines et où dans les étalages du marché tu trouves plus de mangues de noix de coco et d’ananas que d’oranges ;au cours du voyage vers Tam que ce soit à l’aller ou au retour j’étais choqué et peiné de voir des grappes humaines de migrants sub-sahariens qui montaient à pieds vers le nord très souvent avec tout viatique une bouteille d’eau c’était vraiment désolant seuls les routiers leur venaient en aide on y voyait parfois des femmes avec des bébés sur le dos.

Montagne vue de l’oued qui partage Tam en Deux.

Je continue à Tam j’ai discuté avec 2 sub-sahariens un nigérien et guinéen de Conakry le nigérien était serveur dans un restaurant intrigué le français qu’il parlait je lui demandé son niveau d’études il était ingénieur en génie civil . Le guinéen qui travaillait dans une supérette avait une licence en droit. IL m’avait avoué qu’il était content d’être à Tam et qu’il s y plaisait ..

Arrivée des voitures tout terrains devant l’hôtel et chargement du ravitaillement pour trois jours de bivouac en plein désert.

Première nuit de bivouac au lieu dit Tagmarat c’est le lit d’un oued où se dresse une forêt de tamaris et d’acacias .

Une anecdote est arrivée cette première nuit de bivouac. Après le dîner notre guide targui nous avait recommandé de bien fermer nos tentes individuelles car des animaux sauvages risquaient de nous rendre visite attirés par l’odeur de nourritures .

Vers 3 heure pris un besoin pressent d’uriner je suis sorti de ma tente pour soulager ma vessie, en laissant ma tente ouverte; au retour je me suis engouffré dans une tente ouverte croyant que c’était la mienne et je me suis affalé sur un corps qui se redressa comme un ressort en poussant des cris à réveiller un mort. J’ai vite compris mon erreur et je l’ai rassuré en disant que ce n’était rien et que m’étais trompé de tente dans l’obscurité .

Le pauvre, il a réveillé tout le campement. Sa tente ne fermait pas car la fermeture était détraquée . De retour dans ma tente j’ai me suis dis »Al hamdou lillah » que ce n’était pas la tente d’une femme …. Car personne n’aurait cru à une erreur…

Départ pour Tissalatine qui signifie les mariées en Tamachek cette appellation est due à la présence en ce lieu de trois immenses pitons rocheux avec un amoncellement de rocs qui dans l’imaginaire touareg sont vus comme des mariées parées pour la noce 2 ème nuits de bivouac en ce lieu .

La nuit était glaciale tous le monde s’est blotti dans son sac de couchage sans oublier de fermer sa tente pour éviter l’incident de la veille et suivre la recommandation de notre guide . Le confort était plutôt spartiate mais cela nous pas empêcher de dormir à poings fermés . Vers le coup de 8 heures du matin alors que soleil était déjà haut dans le ciel nous entendîmes un hurlement strident qui nous réveilla tous c’était le cris d’une femme qui en ouvrant sa tente se retrouva nez à nez avec un jeune dromadaire qui mangeait des épluchures de bananes dans sac poubelle devant sa tente . Le pauvre animal aussi effrayé que la dame détala à toute vitesse .

Après une nuit à Tissalatine vers 10 H du matin départ pour l’Assekrem . Halte et déjeuner au lieu dit Affilal c’est un endroit rocailleux où coule un oued en permanence dont l’eau est glaciale hiver comme été . Par endroit ce cours d’eau forme des gueltas (3) assez profondes où paraît -il, il y a des poissons.

  Le pic Iharène ex pic Laperrine qui culmine à à 1732 mètres .

Ce pic a été rendu célèbre dans toute l’Alg’rie pour avoir figuré sur un paquet de cigarettes le fameux Hoggar.

Fumer nuit à votre santé

    Le pic Adhad qui signifie doigt en tamachek

 

 

 

 

Après la visite d’Affilal la zone humide départ pour l’assekrem :

 

Pénible ascension vers l’ermitage de Charles de Foucauld.

  Le père Ventura qui parle de Charles de Foucauld dont il est un de ses disciples, vit dans cette ermitage depuis 19 ans avec deux collègues.

Leur vie se résume à la tenue des relevés météo et la prière .IL a longuement fait l’éloge de de Foucauld ce prêtre soldat fervent colonialiste qui aidé le général Laperrine dans la conquête de l’Ahaggar (2) en trahissant la confiance des touaregs qui l’ont tué pour sa trahison . Sa béatification par le vatican a soulevé une tempête de critique.

L’entrée de l’ermitage de Charles de Foucauld et son interieur avec l’autel de la petite chapelle ainsi que des photos du personnage et une copie du dictionnaire Français/Tamachek réalisé par l’ermite.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

3ème nuit sous les tentes avec une température glaciale . IL est vrai que nous étions à plus de 2500 mètres d’altitude .Nuit relativement calme perturbée par un troupeau d’ânes sauvages qui avait élu domicile sur le flanc de la montagne proche de notre camp et qui n’a pas cessé de braire toute la nuit . J’étais surpris par l’existence de ces équidés dans ce milieu hostiles où la végétation est très rare ainsi que par la rencontre de marmottes en plein désert chose dont j’étais de le penser.

Somptueux lever du soleil sur l’Assekrem.

Vers 10 h du matin nous quittons l’Assekrem pour une source d’eau minérale gazeuse pas très loin de Tam. Malheureusement son débit est trop faible pour une exploitation industrielle. Déjeuner sous l’ombre des tamaris et petite sieste. Vers 14 h, retour sur Tam pour prendre le bus vers Alger.  15 h tapante, retour vers le nord. Dîner dans un boui -boui pour routiers entre In Amguel et In Salah, puis reprise du voyage avec des pauses cafés dans les stations service tous les 200 KM environ pour se dégourdir les jambes . Le bus roule à tombeau ouvert sans crainte d’être flashé par le radar . Dans le bus, le chauffeur à mis à fond la musique pour éviter de somnoler. Au petit matin, petit déjeuner à El ménéa: café et croissant pour se réveiller . Et reprise du voyage où notre prochaine escale sera Ghardaia la capitale Ibadite.

Au pays du M’zab, Ghardaïa, capitale Ibadite

Après avoir roulé 18 heures presque non- stop nous arrivâmes enfin à Ghardaia, capitale du M’zab à 9 h du matin en ayant parcouru 1400 KM soit la distance qui sépare Tamanrasset de Ghardaia . Encore ensommeillé on se pressa de rejoindre nos chambres dans l’hôtel pour un repos mérité . Moi qui appréhendait beaucoup le voyage du retour surtout après la fatigue accumulée par 3 nuitées à la belle étoile avec un confort très sommaire finalement le voyage était très agréable d’autant plus que covid 19 oblige nous étions uniquement 15 personnes dans un bus de 50 places .
Vers 13H on nous a réveillé pour le déjeuner. Après le repas quartier libre pour visiter la ville de Ghardaia pour ma part je connaissait très bien la ville depuis les années 80 du temps où je travaillais à Hassi -R’mel où je m’y rendait chaque week end . La ville à beaucoup grandie mais en extra -muros . L’ancienne ville et le centre n’ont pratiquement pas changés. Seul changement notable, on n’y croise plus les touristes étrangers qui déambulaient autre fois dans les ruelles étroites. En deux journées de présence dans la ville j’ai vu une seule fois deux couples de touristes étrangers avec trois enfants d’une dizaine d’années . IL me semble que c’était des scandinaves au vu de leur teint et surtout de la langue qu’ils parlaient .
Vers 16H nous avons fait une visite dans la cité de Beni Isguen où nous avons assisté au marché aux enchères à la criée qui a lieu chaque après midi dans une petite place de cette cité entourée d’un mur d’enceinte et où il est interdit de prendre des photos. Première nuit à Ghardaia . Le 2 ème jour grasse matinée et déjeuner . Vers 15H départ pour El atteuf la plus vielle cité du M’zab fondée vers l’an 1010 de notre ère. Ensuite direction de la nouvelle cité de Tafilelt qui se caractérise par son cachet urbanistique typiquement mozabite .
en ce lieu nous avons visité un petit musée des arts traditionnels ibadites ainsi qu’un petit zoo. Je fus agréablement surpris de découvrir des sculptures métalliques d’animaux façonnées par un artiste anonyme.
Après la visite du Ksar de Tafilelt retour à l’hôtel . Le retour sur Alger est programmé le lendemain à 5 H du matin.
Youtube:
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Photographies:
Ali Bouchemla
Février 2021
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Notes:

(1)

(2) Ahaggar : nom berbère du Hoggar
(3) Les Guelta (s) sont des endroits assez profonds, dans les oueds et les rivières, permettant baignades et parties de pêche.

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