Le Tassili comme vous ne l’avez jamais vu!

 

Le Tassili N’Ajjer comme vous ne l’avez jamais vu !

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Par Ali Bouchemla

Ex-cadre Sonatrach – Algérie

 Suite à une pub d’une agence de voyage sur le net annonçant l’organisation d’un voyage dans le Tassili N’ajjer pour le 13 janvier 2021 pour un séjour de 10 jours, j’ai vite fait de contacter par phone l’organisateur du voyage et rendez-vous fut pris pour le départ le 13 à 19H Place du 1er Mai à Alger. Le jour J, me voilà me présent à l’adresse convenue avec mon barda de voyage.

Un bus flambant neuf nous attendait pour cette aventure, 19 H tapante ! Départ vers Djanet capitale du Tassili vers 22H. Nous arrivons à Bouguezoul petite ville dans les haut-plateaux réputée pour ses brochettes d’agneaux. Les moutons de la région ont un goût particulier à cause de l’armoise qu’ils broutent à longueur d’année. Bouguezoul fut choisie par Boumediène pour devenir la capitale politique de l’Algérie, mais après sa mort le projet a été mis aux oubliettes. Après un dîner de brochettes, poursuite du voyage. Vers 8H nous sommes arrivés à Hassi-Méssaoud, centre pétrolier algérien où j’ai roulé ma bosse durant 14 ans. Pause petit-déjeuner dans le café où durant mon activité on avait l’habitude de prendre des pauses avec des amis . Le décor n’avait pas changé mais je n’ai reconnu aucun des serveurs .

 Tin Fouyé Tabankort

Après une pause d’une heure environ à Hassi -Messaoud pour des petits achats reprise du voyage direction le Grand Sud. Notre prochaine étape est le village de Gassi Touil qui se trouve à 180 KM. C’est une base pétrolière mais aussi un centre agricole expérimental de Sonatrach la compagnie de pétrole algérienne. Déjeuner dans un resto pour routiers et pause café, ensuite départ pour TFT acronyme de Tin Fouyé Tabankort notre prochaine étape .

Arrivée à TFT C’est petit village qui a poussé à côté de la base pétrolière. Pour les anciens de Sonatrach, TFT signifie « Tout Foutu » à cause de son isolement et la réputation qu’elle avait d’accueillir les agents de la base pétrolière ayant eu des écarts disciplinaires. Nous sommes logés dans une auberge de la jeunesse à deux par chambre. Je suis agréablement surpris par la propreté des lieux et par la douce chaleur dans la chambres qui disposaient de chauffage central ; car il faisait un froid sibérien à l’extérieur. Douche dîner et dodo.

Après une nuit paisible, réveil à 8 H petit déjeuner : café, croissants et jus d’orange puis embarquement dans le bus direction Illizi notre prochaine étape. Pendant au moins 2 heures on roule à une vitesse très réduite pour cause de visibilité due à un épais brouillard ce qui est surprenant pour la région ! Une fois la brume dissipée le bus accéléra pour rattraper le retard . IL était midi passé quand nous arrivâmes à In Aménas région pétrolière rendue célèbre par la fameuse prise d’otages de Tiguentourine. Après avoir dépassé la base de In Aménas nous roulâmes une heure environ avant de nous arrêter pour un repas au bord de la route en pleine nature et une pause pour se dégourdir les jambes.

la grande falaise près de In Aménas

Du haut de ces falaises des mouflons vous observent et attendent le moment propice pour venir se désaltérer dans l’oued.

Escale à Illizi

Une fois le repas avalé et après une demi-heure de repos tous les passagers du bus qui sont une douzaine sont appelés pour le départ sur Illizi notre prochaine escale où il était prévu de passer la nuit. Illizi est une petite ville mais qui est le chef-lieu de la wilaya éponyme. Vers les coups de 17 h nous arrivâmes à destination. Petite balade en ville pour découvrir les lieux et faire quelques achats ; ensuite tout le monde dans le bus pour rejoindre notre lieu d’hébergement qui se situait à la sortie de la ville à côté d’une station- service . Nous sommes logés dans cases circulaires type africain dont les murs sont en pierres et les toitures en chaumes. Les lieux étaient propres et charmants. D’après le guide une semaine, auparavant un groupe d’allemands y avaient séjourné. En effet la preuve du passage des germaniques était là : dans un coin du camp des dizaines de bouteilles de vin et de canettes de bière gisaient dans un grand fût, vestiges de leur présence passée.

Au centre du camp trônait un immense barbecue mais hélas il était éteint ce qui était de mauvaise augure pour nous ! On s’est contenté d’un repas dans le restaurant de la station. Au menu un ragoût de viande de dromadaire. Petite soirée autour d’un feu de camp puis dodo ; le lendemain un long voyage nous attendait .

 

Plantes qui me paraissent endémiques dans la région !

La route de l’impossible ! la fameuse descente au 13 virages!

la ville d’ILLIZI (Photo aps.dz)

Une fois le repas avalé et après une demi-heure de repos tous les passagers du bus qui sont une douzaine sont appelés pour le départ sur Illizi notre prochaine escale où il était prévu de passer la nuit. Illizi est une petite ville mais qui est le chef-lieu de la wilaya éponyme. Vers les coups de 17 h nous arrivâmes à destination. Petite balade en ville pour découvrir les lieux et faire quelques achats ; ensuite tout le monde dans le bus pour rejoindre notre lieu d’hébergement qui se situait à la sortie de la ville à côté d’une station- service .

Nous sommes logés dans cases circulaires type africain dont les murs sont en pierres et les toitures en chaumes. Les lieux étaient propres et charmants. D’après le guide une semaine, auparavant un groupe d’allemands y avaient séjourné. En effet la preuve du passage des germaniques était là : dans un coin du camp des dizaines de bouteilles de vin et de canettes de bière gisaient dans un grand fût, vestiges de leur présence passée.

Au centre du camp trônait un immense barbecue mais hélas il était éteint ce qui était de mauvaise augure pour nous ! On s’est contenté d’un repas dans le restaurant de la station. Au menu un ragoût de viande de dromadaire. Petite soirée autour d’un feu de camp puis dodo ; le lendemain un long voyage nous attendait .

Dès 8 h du matin le guide réveilla le groupe pour le petit- déjeuner dans la salle de restaurant de la station – service . Un dernier petit café puis embarquement immédiat dans le bus pour notre prochaine étape. Ceux qui ne connaissent pas le Sahara pensent que le désert offre une nature uniforme et monotone, ce qui est totalement faux car le Sahara c’est une multitude de paysages pleins de surprises pour le profane. les géographes parlent de trois grands types de paysages sahariens les ergs ces grandes étendues de sable sous forme de dunes ; les regs paysages formés de rocailles et les lits des courants d’eau où Dhaya en langage local souvent constitués de limon fertile où pousse une végétation qui sert de pâturage au cheptel des nomades .Ces trois types de paysages peuvent varier d’une zone à l’autre. A titre d’exemple les ergs c’est à dire les dunes peuvent changer de formes et de couleurs passant du sable rouge doré ou blanc .

Voici quelques types de paysages sahariens:

Un erg                                                                                                                                                                                       Dhaya       

                                                                                                                                          Dans ce cours d’eau vivent des poissons genre silure et tilapia.                                                                   Reg

Tessat

Notre prochaine étape est le site de Tessat dans le parc national du Tassili N’ajjer qui est le plus grand musée à ciel ouvert du monde. Après environ deux heures de route nous arrivons à Tessat, un site où des milliers de peintures rupestres datant d’au moins 7000 ans attendent le visiteur dans un dédale rocheux. Il est vivement conseillé de rester collé aux basques du guide pour éviter de se perdre . Après avoir déambulé dans les dédales de Tessat nous sommes appelés à quitter à contre-coeur le site pour des raisons de programme à respecter avec une certaine frustration car nous n’avions visité qu’une infime partie de ce que les lieux offraient. Notre prochaine étape sera le village d’Ihrir dans la commune de Bordj El Houès où il était prévu de passer la nuit.

Ihrir

Ihrir est un petit village niché entre d’immenses falaises dans la vallée d’un oued . La zone d’Ihrir est classée patrimoine mondial par l’Unesco ; elle est également classée site Ramsar . C’est une zone humide qui sert d’étapes pour les oiseaux migrateurs.

le village d’Ihrir et les cases de notre hébergement

Après une incursion pédestre d’une dizaine de km le long du canyon d’Ihrir, nous regagnâmes le lieu d’hébergement pour prendre nos bagages et repartir pour une autre étape du voyage qui sera le site de Tazroukou .

Bordj El Houès, ex Fort Gardel

Après une courte visite au pas de course du site nous voilà partis pour Bordj El Houès l’ex Fort Gardel du nom d’un militaire français parent de Louis Gardel l’auteur du roman Fort Saganne inspiré directement de ce personnage.

Bordj El houès un petit village au coeur du Sahara qui a une importance stratégique certaine car il permet de relier Tamanrasset par la RN 55 qui fait la jonction avec la fameuse RN1 la route qui dessert l’Afrique sub-saharienne. Déjeuner dans un petit restaurant pour routiers et un petit moment de repos pour siroter des cafés histoire de se revigorer et nous voilà repartis pour la ville de Djanet capitale du Tassili N’ajjer. C’est juste une petite ville bien modeste malgré son nouveau statut de wilaya mais elle offre au visiteur son charme envoûtant par ses paysages et sa nature couper le souffle.

 Djanet :

Le parc national du Tassili N’ajjer, le plus grand musée à ciel ouvert du monde

 

Ksar Adjahil à Djanet

D’après une légende local dans ce ksar vivait un tyran qui terrorisait la population et tuait tous serviteur qui a eu le malheur de lui servir un repas trop chaud ou trop froid pour son goût. Mais pour ses actes il fût puni par la justice divine en tombant dans un puits avec son cheval. Quelques semaines plus tard, leurs corps furent retrouvés en Libye.

Photo: topdestinationsalgerie.com

Ksar El mihane à Djanet qui est en voie de restauration. C’est un trésor architectural digne d’être conservé.                                  Photo: harbadz.com

Après avoir déambulé dans les rues de la ville et une visite obligée au marché de la ville nous retournâmes à l’hôtel avec la promesse d’y revenir avant notre retour à Alger. Une chose m’a intriguée dans la région : nous n’avions rencontré aucun sub-saharien à la différence de la région de Tamanrasset où ils étaient légion .

Après une nuit tranquille dans l’hôtel et un repos bien mérité nous voilà réveillés par le guide vers le coup de 7h 30. C’est bien à contre-coeur que l’on s’était levé mais il fallait le faire car la veille on nous avait annoncé que la journée serait chargée. Le petit déjeuner avalé nous voilà près d’embarquer dans les Toyota tous terrains car les choses sérieuses allaient enfin commencer.

Des voitures tous terrains et deux guides chauffeurs. L’un avec un chèche blanc avait servi de guide- éclaireur pour l’armée durant la décennie noire .il connait la région comme sa poche c’est aussi un ancien contrebandier.

Après avoir roulé une cinquantaine de kilomètres les voitures ont quitté la route bitumée pour s’engager sur les pistes sahariennes pour notre plus grand plaisir.

Des curiosités en plein désert l’éléphant et le rocher en prière.

 

Monument funéraire. Il s’agit d’un tumulus rocheux circulaire dont le diamètre dépasse les 100 mètres. En Algérie, on trouve différents types de monuments funéraires parmi lesquels on peut citer le tombeau de Massinissa près de Constantine, le Madracène près de Batna, les Djeddars à Frenda mais le plus imposant reste le Tombeau de la chrétienne à Tipaza où repose la reine Cléopâtre Séléné épouse de Juba 2.

 

Photo: fr.wikipedia.org

La journée tirant à sa fin il a été décidé de dresser le camp pour bivouaquer en plein désert . Le lieu du campement n’a pas fait l’unanimité ; perso j’étais contre parce que le site choisi était complètement plat et n’offrait aucune protection contre le vent mais, majorité oblige, on s’est plié à ce choix. Les tentes furent vite dressées. Pour ma part, j’avais choisi de dresser la mienne derrière un petit buisson épineux où s’était formé un amoncellement de sable. cet endroit offrait une petite protection contre le vent qui pourrait se lever car déjà une petite brise glaciale commençait à souffler.

Les guides Touaregs s’affairaient à préparer le dîner. Au menu du poulet cuit à l’étouffé sous le sable ce qu’ils appellent le Merdoum que l’on peut traduire par «  l’enterré » en français . La nuit tombée, après le repas un grand feu de camp fût allumé autour duquel tout le monde était réuni pour une veillée et des discussions sur divers sujets où votre serviteur à étalé ses connaissances à tel point que l’une des filles du groupe m’a affublé du titre flatteur de « 3ammi Google » C’est à dire Tonton Google . A minuit tous monde a rejoint sa tente .

Vers le coup de 3 heures du matin pris par le besoin de soulager ma vessie je m’extirpais difficilement de mon sac de couchage car il faisait un froid sibérien . Une fois dehors je me suis éloigné du cinquantaine de mètres du camp . C’était la pleine lune on y voyait comme en plein jour .Un spectacle féerique s’offrait à mes yeux avec la lune qui éclairait le sable. Mais le froid était si intense que j’ai vite fait de regagner ma tente après avoir rajouté quelques bûches au feu au centre du camp. Le soleil était haut dans le ciel quand je fût réveillé par l’odeur du café que les guides avaient préparé. Au petit déjeuner on a eu droit à du café, du thé quelques madeleines, une tablette de chocolat et une petite boite de jus d’orange .

Une fois le petit déjeuner fini tout le monde à bord des Toyota pour un autre périple saharien . Cette fois ci nous mettons le cap sur le site de Tigharghar qui signifie en langue tamachek la grande étendue de terre . Certains jeunes du groupes se sont juchés sur les toits de véhicules pour mieux apprécier les paysages et prendre des photos.

Le site de Tigharghar

Photo: leguidetouristique.com

Vers 16 Heures nous reprenons notre vadrouille dans le désert à la recherche de notre prochain site pour bivouaquer pour la nuit après une heure à sillonner à travers le sable nous voilà arrivés destination. En quelques minutes les bagages furent déchargés et les tentes dressées Cette nuit s’annonce plus clémente que celle de la veille le lieu et plus propice pour le camping il y a un peu de végétation qui offre un abri contre le vent qui pourrait se lever en outre le ciel étant couvert il n’ y a pas de risque de gel comme la nuit précédente On a vite fait d’allumer un feu de camp autour duquel le groupe va se réunir pour palabrer seul bémol l’ambiance de cette deuxième nuit était plutôt morose l’élimination de l’équipe d’Algérie en coupe d’Afrique avait plombé l’atmosphère. Bien avant minuit tous monde avait regagné sa tente. Le lendemain à 8 heures on était tous debout et il y avait de l’inquiétude dans l’air et petit vent de panique soufflait dans le camp. Et pour cause deux des filles avaient de fortes fièvres. Suspicion de covid 19 ! car il faut dire que le deuxième jours tout le monde avait laissé tomber les masques et les gestes barrières.

les 2 filles furent évacuées vers l »hôpital et comme tous le monde était plus ou moins inquiet on a pas tardé à rejoindre la ville en sautant certains sites prévus. Vers midi on a été rassurés: pcr négatifs pour les deux; c’était juste un coup de froid attrapé la veille car les victimes avaient voyagé juchées sur le toit des voitures.

Une fois rassuré par la santé des deux filles et comme convenu on s’était dirigé vers le marché local dénommé ici le marché africains pour acheter des babioles et des souvenirs mais à la différence du marché de Tamanrasset ici pas de trace de fruits exotiques ni mangue ni noix de coco.

Déjeuner dans un bon restaurant de la ville ! et le retour sur Alger est prévu pour 15h.

les cases où nous avons passé la nuit

15 H tout le monde était dans le bus pour entamer le long voyage du retour . Le bus roula sans arrêt jusqu »à 22H. Pour dîner et se dégourdir les jambes; puis reprise du voyage. Vers minuit tous le monde dormait danns le bus. pour ma part je m’étais sur 4 fauteuils les jambes formant un pont à travers le couloir la position n’était pas de tout confort mais la fatigue aidant je sombrais dans un profond sommeil . Le soleil était haut dans le ciel quand on s’est arrêté pour le café du matin dans une station d’essence . puis reprise du voyage avec des pauses chaque ‘ « 4 HEURES environs . il était 17 H quand nous sommes arrivés à Zelfana une station thermale située dans une oasis à 40 km de Ghardïa . Après des bains chauds, direction Ghardaia pour passer la nuit dans un hôtel . Le lendemain petite visite de la ville avant le départ sur ALGER où notre arrivée est prévue vers 21 H Déjeuner à Laghouat.

Copyright Dilap – Mai 2022
Photographies: Ali Bouchemla

 

 

 

 

 

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