Didactique des langues, enseignement et apprentissage de l’Arabe moderne

enseignement et apprentissage de l’Arabe moderne

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L’Arabe littéral ou fusha

Dans tous les pays arabes, l’Arabe littéral ou fusha a le statut de langue nationale officielle.Ce la veut dire que tous les rouages de l’Etat doivent fonctionner dans cette langue.Nous allons voir plus loin que les choses sont plus complexes (…)

L’enseignement de l ‘Arabe  dans l’institution scolaire en France

L’arabe « Langue étrangère »

La notion d’arabe langue étrangère signifie qu’il s’agit de recourir à des procédés pédagogiques différents de ceux qui permettent d’enseigner la langue en tant que « langue nationale », à un public dialectophone, comme cela est le cas dans les systèmes scolaires des pays arabes. Reprendre les mêmes procédés dans le contexte français (européen) aboutit généralement à la production de méthodes d’apprentissage peu ou pas du tout adaptées aux publics non arabophones. En Europe, et en France plus particulièrement, les recherches en didactique des langues ont permis à l’enseignement de l’arabe de s’adapter et de bénéficier des procédés et techniques d’enseignement les plus avancés (…)

Enseignement de l’arabe dans l’institution scolaire en France: le « fait religieux »

ll n’est guère possible de dire aujourd’hui encore que la matière que nous enseignons bénéficie d’une  » lisibilité  » totale auprès du corps enseignant, des parents d’élèves (tous les parents d’élèves), de l’administration et même des élèves concernés. Il n’est pas non plus exagéré de dire que l’amalgame entre enseignement de l’arabe et enseignement du « fait religieux » est quasi systématique ! L’équation plus que discutable « professeur d’arabe = musulman = classe à coloration majoritairement musulmane » ne semble gêner que très peu de gens… Pas même les plus intransigeants en matière de laïcité! Par ignorance? Par souci d’intégration? Ou par indifférence? (…)

Stratégie d’apprentissage de la graphie arabe

Enseigner les lettres dans leur ordre alphabétique traditionnel ne correspond strictement à rien sur le plan pédagogique, bien au contraire, cet ordre ne facilite pas du tout la tâche. Apprendre la graphie en contexte signifie que la programmation des lettres à apprendre doit suivre étroitement les activités orales. Les questions qui se posent sont généralement les mêmes et il convient de se référer aux programmes des classes de 6e (LV1), 4e (LV2) et 2e (LV3) pour y trouver les principes d’un enseignement cohérent. Faut-il commencer par les lettres qui correspondent à des sons répertoriés en Français ? Faut-il au contraire choisir en priorité les lettres correspondant à des phonèmes réputés difficiles ? Quand doit-on introduire les voyelles longues ? Les autres signes doivent-ils couronner l’apprentissage et venir à la fin quand toutes les lettres ont été apprises ou bien peut-on les répartir au fur et à mesure de l’apprentissage ? (…)

Le système graphique arabe : les voyelles

Si la calligraphie peut faire l’objet de séances séparées un peu comme on ferait du dessin, l’apprentissage de la graphie, lui, ne peut pas être dissocié de celui de la langue. Le travail de discrimination auditive et le travail sur la correspondance son/signe, restent essentiels. S’y ajoutent quelques problèmes spécifiques. Celui des voyelles longues et brèves n’est pas des moindres : un double entraînement est nécessaire, phonétique pour faire distinguer les longues des brèves, et graphique puisque seules les voyelles longues font partie du corps du mot. Sinon, l’élève à tendance à mettre des voyelles longues partout, à la manière du Français (consonne-voyelle-consonne…). Là encore, il faut être vigilant, d’autant plus que le rapport brèves-longues touche à la morphologie. Un apprentissage rigoureux à ce niveau permet non seulement d’éviter de futures erreurs graves, mais aussi d’acquérir une prosodie correcte (…)

Distinguer apprentissage de la graphie et celui de la calligraphie !

Les élèves étant invités très tôt à découvrir des documents authentiques, il est important de les familiariser avec les différentes polices de caractères proposées aujourd’hui dans les logiciels, et surtout avec un phénomène gênant pour les débutants : celui que nous appelons par commodité « étagement », très courant avec beaucoup de graphies. Nous appelons ainsi la superposition de deux voire trois lettres comme dans :

 

 

 

Normalement : محمد

Ce type de graphie induit deux difficultés : – il faut repérer l’ordre des lettres ; – il faut « rendre à chaque lettre ses points ». Lesquels, quand il y en a, sont souvent installés selon des critères esthétiques , donc pas forcément en accompagnement de la lettres à laquelle ils appartiennent.

Ce « style » est utilisé en calligraphie, mis aussi en écriture manuscrite notamment dans le style « Ruq’a » car il permet d’accélérer le rythme d’écriture (…)

Une langue « consonnantique » : est-ce une langue sans voyelles ?

Dans les systèmes scolaires arabes, la langue – surtout écrite – est enseignée avec l’utilisation systématique des voyelles brèves. Sans doute une tradition héritée de l’école coranique. Si cette démarche a indéniablement l’avantage de faciliter la lecture, elle devient vite un handicap car elle n’est plus adaptée au monde moderne : les signes diacritiques (au dessus ou au dessous des lettres) ne sont plus utilisés dans les productions écrites modernes (presse, littérature, ouvrages scientifiques etc…). L’ élève qui a toujours appris à lire à l’aide de ces « béquilles » a du mal par la suite à lire correctement des textes non vocalisés (…)

Tableau des consonnes de l’arabe

Un bref aperçu de l’article:

Les interdentales:

ث . Fricative sourde, se prononce comme le th anglais de thing. Dans les dialectes : – réalisée f dans les parlers bédouins et les parlers « conservateurs » (Tunisie, Irak ..). – t en Algérie et au Maroc et selon les régions. – T ou s en orient ( s généralement dans les emprunts récents au standard). ذ fricative sonore, se prononce comme le th anglais de that. Dans les dialectes, même distribution que ث : – v dans les parlers bédouins et les parlers conservateurs – d en Algérie et au Maroc ( selon les régions). – d ou z en Orient ( avec la même distribution que ci-dessus). ظ fricative sonore emphatique. Presque toujours réalisée en standard en dialectal : – Comme un d au Maroc et certaines régions d’Algérie – Comme un z (emphatique du z) en orient. Cette emphatique est dans l’ensemble du Maghreb souvent confondue avec ض et vice-versa tant à l’oral qu’à l’écrit.

L’écriture arabe à travers les langues

De nombreuses langues ont adopté (et adapté) l’alphabet arabe. C’est en effet le deuxième système d’écriture utilisé dans le monde après l’alphabet latin. Cet alphabet est utilisé en en arabe littéral, mais aussi dans les différents dialectes. le persan l’utilise encore, ainsi que de nombreuses langues du Moyen-Orient. Les Turcs l’utilisaient, Mais Mustapha Ataturc, fondateur de la république turque y a mis fin préférant l’alphabet latin adapté. Le plus important à signaler est que l’arabe est  la langue employée dans le Coran, donc celle de l’islam. Des pays Musulmans l’ont utilisé, ou l’utilisent encore. Mais l’alphabet arabe étant consonantique, il n’est pas forcément adapté à la phonologie des langues qui ont décidé de s’en servir, généralement des pays qui avaient été intégrés à l’empire musulman. Ces langues n’étaient pas forcément sémitiques comme c’est le cas pour le persan.

Ces peuples conquis à l’islam ont dû procéder à des adaptations, surtout réalisées par l’adjonction de signes diacritiques (des points le plus souvent) sur des lettres existant déjà. Dans nombre de pays concernés, l’arabe étant resté une langue liturgique pratiquée, on avait ainsi une double utilisation de l’alphabet : (…)

Ecrire et prononcer correctement en Arabe

Alphabet

Il comporte vingt-huit lettres, mais il ne dispose, en réalité, que de quinze caractères, treize consonnes étant notées au moyen de neuf lettres servant à noter plusieurs consonnes. Pour distinguer les différentes consonnes notées par une même lettre, on utilise des points simples, doublés ou triplés, placés sur ou sous la lettre. Comme la plupart des écritures sémitiques, l’arabe ne note que les trois voyelles longues (â,û,î).  ا  –  و  –  ي

Les vingt-huit peuvent être rangées selon l’ordre traditionnel des vingt-deux lettres des alphabets sémitiques, avec leur même valeur numérique, suivies des six lettres propres à l’arabe ; ou selon un ordre mnémotechnique dans lequel les lettres semblables, distinguées par des points, sont groupées les unes à la suite des autres (tel ci-contre). L’écriture arabe sert à noter de nombreuses langues non sémitiques : iraniennes, turques, indiennes, malaises et africaines ; pour noter les sons de ces langues qui n’existent pas en arabe, on utilise des points conférant au caractère arabe une nouvelle valeur phonétique.(…)

GRAPHIE ET CALLIGRAPHIES ARABES

Nous maintenons l’idée que longtemps après l’arrivée de l’Islâm, les musulmans de toutes cultures et sous toutes les contrées du nouvel empire ont continué à s’adonner aux arts picturaux en tout genre..Toutefois, une sorte de jurisprudence tardive s’est peu à peu imposée, faisant de la représentation de l’humain et des animaux un tabou.Les artistes, les décorateurs « officiels », donc mandatés par les autorités califales ou autres, se sont alors tournés vers une sorte d’art abstrait avant la lettre : la calligraphie. (…)

Apprendre l’Arabe: les prépositions

Sur proposition de nombreux enseignants, ce passage de l’ouvrage Al-Manhaj 1 pour débutants qui permet d’apprendre aux élèves les prépositions en Arabe, de manière ludique et sans passer forcément par la traduction.

Concevoir un ouvrage pédagogique

Les concepteurs de méthodes ont beaucoup de mal à trouver les documents idoines, dès les premières leçons, pour construire sérieusement leur progression avec en plus la nécessité de se conformer à des choix pédagogiques gagnés de haute lutte et des programmes officiels , certes souples et peu contraignants, mais qu’il faut respecter pour garder une certaine cohérence dans une démarche d’ensemble qui engage responsables administratifs , éditeurs, praticiens, élèves-apprenants…. Ajoutons à cela des difficultés relatives aux questions juridiques (droits d’auteurs, fidélité aux textes choisis etc…). (..)

 

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